Centrafrique: Nguendet, président par intérim, au camp de déplacés de Mpoko

Le président par intérim Alexandre-Ferdinand Nguendet au camp de déplacés de l'aéroport de Mpoko, à Bangui, le 12 janvier 2014
© AFP PHOTO ERIC FEFERBERG

En Centrafrique, le président du CNT, Alexandre-Ferdinand Nguendet, a été chargé ce dimanche 12 janvier par la Cour constitutionnelle d'assurer la présidence par intérim. Il doit organiser l'élection du successeur de Michel Djotodia dans un délai de quinze jours. Il s'est immédiatement rendu dans l'immense camp de l'aéroport de Mpoko et a appelé les déplacés à rentrer chez eux. 

En Centrafrique, le président du CNT (Conseil national de transition), Alexandre-Ferdinand Nguendet, est désormais officiellement chef de l'Etat par intérim. Il l'était de fait depuis vendredi après la démission de Michel Djotodia, mais c'est effectif depuis que ce dimanche la Cour constitutionnelle a reconnu la démission de Michel Djotodia.

Alexandre-Ferdinand Nguendet est désormais chargé par la Cour constitutionnelle d'organiser l'élection du successeur de Michel Djotodia, dans un délai maximal de 15 jours.

Le président par intérim s’est rendu ce dimanche dans l'immense camp de déplacés de l'aéroport Mpoko. Debout à l'arrière d'un camion, il a exhorté en sango les 100 000 déplacés entassés aux abords de l'aéroport de Bangui à rentrer chez eux, leur garantissant la sécurité dans une ville où soldats français et africains poursuivent leurs opérations méthodiques de désarmement.

Alexandre-Ferdinand Nguendet, qui a rencontré les responsables des forces de sécurité avant de venir à l'aéroport, a indiqué que son « objectif, c'est qu'avant une semaine, il n'y ait pas un coup de feu, pas de pillage, pas d'exaction, pas de viol » dans la capitale. Il a aussi ajouté que « les anti-balaka et les ex-rebelles de la Séléka et les forces de sécurité », allaient être impliqués dans le processus de désarmement.

Sur le plan institutionnel, le Parlement provisoire va entamer dès ce lundi ses consultations avec la classe politique et la société civile en vue de l'élection du successeur de Michel Djotodia.


Alexandre-Ferdinand Nguendet fait partie de la nouvelle génération politique

Il vient du nord-ouest du pays, de Bossangoa, où il est né le 23 mai 1972. Licencié en droit public de l'université de Bangui, il a commencé par enseigner au Collège préparatoire international de la capitale, avant de prendre le poste de secrétaire général d'une école privée.

C'est en 2003 qu'il commence à occuper des fonctions politiques. Il est l'un des responsables du Conseil national de transition mis en place après l'arrivée au pouvoir de François Bozizé. Lors des législatives de 2005, il est élu député du Ve arrondissement, puis devient deuxième vice-président de l'Assemblée nationale.

Suite au renversement de Bozizé, Alexandre-Ferdinand Nguendet est désigné président du nouveau CNT mis en place par le régime de Djotodia.

Au départ très discret sur les dérives de la Seleka, le chef du CNT finit par marquer son inquiétude sur la dégradation de la situation dans les quelques discours qu'il prononce ou les déclarations qu'il diffuse.

« Comment nous taire devant des menaces qui pèsent sur l'existence même de notre pays comme nation, voulue une et indivisible », déclarait-il en novembre.

Jusqu'à l'élection d'un nouveau président de transition, c'est lui qui devra gérer une Centrafrique en crise.