RDC: l’ONU craint une résurgence du M23 dans l’est

Un rebelle du M23 sur les hauteurs de Bunagana, en juillet 2012.
© AFP PHOTO / PHIL MOORE

La Monusco ne laissera pas les rebelles du M23 reprendre leurs opérations et va poursuivre son offensive contre deux autres groupes armés, a affirmé ce lundi 13 janvier le représentant spécial de l'ONU en RDC devant le Conseil de sécurité. Selon le dernier rapport du groupe d'experts de l'ONU sur le Congo, les recrutements se seraient poursuivis en faveur du M23 après sa défaite militaire.

Avec notre correspondant à New York, Karim Lebhour

Depuis le mois de décembre, l’ONU s’est beaucoup félicitée de la défaite du M23. Mais le rapport d’étape de la Monusco laisse entendre que ce succès militaire n’est pas aussi complet qu’il y paraît. Ce lundi 13 janvier, devant le Conseil de sécurité, Martin Kobler, le chef de la mission de l’ONU en RDC, a fait état d’informations « crédibles » selon lesquelles le M23 continue de recruter et redevient actif dans l’est du Congo :

« Des sources crédibles font état de la poursuite du recrutement militaire après la signature de cette déclaration. Il y a aussi des sources crédibles qui font état d'une résurgence d'activités du M23 en Ituri, dans le nord-est du Congo.

J'en appelle au gouvernement congolais pour qu'il mette en application la déclaration de Nairobi et qu'il accélère le processus de désarmement et de démobilisation des ex-combattants du M23.

Et j'en appelle également aux gouvernements du Rwanda et de l'Ouganda pour qu'ils fassent tout pour empêcher le M23 de se réfugier et de s'entraîner sur leur territoire. Nous n'allons pas tolérer une reprise des opérations du M23. »

L’ambassadeur rwandais a vivement réagi à ces déclarations en dénonçant devant le Conseil de sécurité des « allégations non vérifiées » et accusé la Monusco de négliger les opérations contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Martin Kobler a répondu que le démantèlement des FDLR est toujours une priorité, mais que ces petits groupes dissimulés dans une épaisse forêt vierge sont plus difficiles à traquer que le M23 qui s’apparentait à une petite armée, très structurée et très visible.

→ A (RE)LIRE : Le Rwanda et l’Ouganda accusés de soutien au M23 par un nouveau rapport de l’ONU


Nouvelle attaque des FDLR dans le parc des Virunga

En RDC, un garde-parc et trois rebelles ont été tués samedi 11 janvier dans une attaque de rebelles des FDLR, une rébellion active depuis près de 20 ans dans l’est du Congo. L’incident a eu lieu à une dizaine de kilomètres au nord de Goma dans le parc naturel des Virunga.

Les rangers du parc effectuaient une simple patrouille au pied du volcan Nyaragongo. À leur approche, des rebelles des FDLR ont lancé l’attaque. Pour la direction du parc des Virunga, cette attaque devait servir à empêcher les gardes de contrôler et sécuriser une zone où vivent des gorilles des montagnes. Une zone qui, pour les rebelles, sert avant tout de site clandestin de production de charbon.

Ce trafic, extrêmement lucratif, sert à financer les groupes armés de la région. Selon les gardes du parc, la vente de charbon rapporte plus de 30 millions de dollars par an.

Reste que cet incident rappelle l’extrême fragilité de la sécurité dans cette zone. Depuis 1996, 140 rangers sont morts en tentant de protéger le parc et ses habitants. Il montre également l’incapacité des Nations unies et de l’armée congolaise à neutraliser pour le moment cette rébellion présente dans la région depuis 20 ans.

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