Inquiétude sur le sort de 11 parlementaires incarcérés en Erythrée

Le président erythréen Issaias Afewerki.
© Reuters

En Erythrée, onze parlementaires détenus depuis 2001 sans avoir jamais été inculpés suscitent des inquiétudes croissantes. L'UIP, l'Union interparlementaire, se mobilise. Le Comité des droits de l'homme des parlementaires de l'UIP a auditionné l'ancien ministre de la Défense érythréen, Mesfin Hagos. Il fait partie des 15 personnalités politiques à avoir écrit dès 2001 une lettre ouverte au président de l'Erythrée pour alerter sur le sort de ces députés detenus. Il dit à présent craindre le pire pour ces onze parlementaires dont il se demande même s'ils sont encore vivants.

Gaëlle Laroque est chargée des droits de l'homme à l'UIP. 

Elle relaie les mêmes inquiétudes concernant ceux qu'on appelle le « Groupe des 11 » ou G11 : « Ils ont été arrêtés le 18 septembre 2001, après avoir signé une lettre ouverte, demandant au président Afewerki de respecter la constitution érythréenne et d’introduire des réformes pour la démocratisation du pays. Ils sont donc en détention depuis douze ans, dans une prison de haute sécurité où le climat est très hostile. Leurs familles sont sans nouvelles d’eux et de multiples sources ont indiqué qu’il était probable que la majorité, sinon la totalité de ces onze parlementaires soient décédés ».

« Nous coopérons avec différents organes, notamment la rapporteur spéciale des Nations unies, afin d’obtenir des informations sur leur sort, dans l’espoir que peut-être certains d’entre eux soient aujourd’hui toujours en vie. Nous avons malheureusement peu d’espoir. Nos demandes envers les autorités érythréennes sont, jusqu’à présent, restées sans réponse. Nous espérons qu’à travers ces appels des progrès pourraient être accomplis dans ce dossier ».