Maroc : un violeur ne pourra plus échapper à la prison en épousant sa victime

Une femme tient le portrait d’Amina el Filali lors d'un sit-in devant le tribunal local de Larache qui avait approuvé le mariage de la jeune adolescente avec son violeur, le 15 mars 15, 2012.
© ABDELHAK SENNA / AFP

Les députés marocains ont voté, mercredi 22 janvier au soir, en faveur d'un amendement du code pénal afin qu’un violeur ne puisse plus échapper à des poursuites judiciaires en épousant sa victime. L’amendement a été approuvé à l’unanimité des parlementaires présents. Ce vote a eu lieu deux ans après le suicide de la jeune Amina El Filali, contrainte d’épouser son violeur. Un fait divers qui avait suscité un vif émoi dans le pays et au-delà.

Il y a eu, tout d’abord, le feu vert du gouvernement islamiste suivi d'un vote favorable à la Chambre des conseillers, en mars 2013. Puis les députés se sont à leur tour prononcés, mercredi, en faveur de l’alinéa tant décrié de l’article 745 du code pénal.

La jeune adolescente Amina El Filali s’est suicidée le 20 mars 2012, pour échapper à un mariage forcé avec son violeur. C’est à la faveur de ce mariage, et conformément à l’article 745 du code pénal, que l’agresseur présumé avait en effet échappé aux poursuites.

Les organisations de défense des droits de l’homme reconnaissent que ce vote des députés marocains constitue un pas important, mais pas suffisant pour autant. Selon l’ONG Amnesty International basée à Londres, il faut une « stratégie globale pour protéger les femmes et les jeunes filles des violences ».

« Six millions de femmes, sur une population de 34 millions d’habitants, sont victimes de violences au Maroc, dont plus de la moitié dans le cadre conjugal », avait affirmé, il y a deux ans, la ministre de la Famille Bassima Hakkaoui.

Un projet de loi devant permettre de sanctionner sévèrement leurs auteurs fait actuellement l’objet de vifs débats.

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