Centrafrique: pas de trêve dans les violences

Des soldats françaiçs de Sangaris tentent de disperser une foule à proximité d'une barricade, dans une rue de Bangui, le 22 janvier.
© REUTERS/Siegfried Modola

Le jour même de la prestation de serment de la nouvelle présidente Catherine Samba-Panza, ce jeudi 23 janvier, 16 personnes ont été tuées dans les quartiers PK12 et Pk13, dans le nord de Bangui. La France, présente au travers de Sangaris, en appelle à un renforcement de la présence internationale.

En deux jours, depuis l’élection de Catherine Samba-Panza à la présidence de la République centrafricaine, une quinzaine de personnes ont été tuées à Bangui. Ce mercredi 22 janvier a été une « journée d'extrême violence », selon l’expression de la Croix Rouge centrafricaine : 27 personnes ont été blessées, la plupart à l'arme blanche. Les victimes, souvent de simples passants, ont été agressées au couteau ou à la machette en pleine rue en raison de leur appartenance communautaire.

Jeudi matin, trois personnes ont été tuées par des ex-rebelles de la Seleka, alors qu’une foule manifestait pour demander le départ des éléments de la Seleka de leur base de cantonnement au camp de Kasaï, près du centre de Bangui.

Des musulmans fuient le PK13

A la sortie nord de la ville, trois corps ont été retrouvés après l’attaque et la destruction par des milices chrétiennes ant-balaka d’une mosquée, au PK13. Un quartier d’où les musulmans fuient pour remonter vers le Tchad.

► A (RE)ECOUTER : Monseigneur Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui et l’Imam Kobine Layama, président de la Communauté islamique centrafricaine (CICA), invités de Nathalie Amar dans Décryptage.

Cette violence s’abat sur les civils malgré la présence de la force française Sangaris. Ailleurs dans le pays, l’insécurité est encore totale, alors que la nouvelle présidente de transition a prêté serment à Bangui, jeudi, en présence du ministre français des Affaires étrangères. Celui-ci a reconnu, au micro de RFI, que « la question de la sécurité est une question majeure ».

Laurent Fabius appelle la communauté internationale à « se mobiliser »

« La France a déjà fait un effort considérable en envoyant 1 600 hommes, ici, qui font un travail magnifique, aux côtés des Africains de la Misca », a-t-il insisté. Mais le ministre français en appelle désormais à la mobilisation de la communauté internationale pour renforcer la présence en hommes en République centrafricaine.

« L’une des façons, et probablement la plus efficace, de résoudre cette question, c’est d’une part avec les soutiens que vont envoyer les Européens – on a parlé du chiffre de 500 hommes, peut-être à la fin février, début mars – et d’autre part, l’ONU peut envoyer davantage, encore, de troupes africaines et internationales », estime Laurent Fabius. « Cela veut dire que nous avons déjà fait cet effort important. On ne dit jamais : "jamais". Mais c’est d’abord à la communauté internationale, maintenant, de se mobiliser », a-t-il conclu.


■ Les Centrafricains continuent d’arriver en RDC

A la frontière avec la Centrafrique, du côté de la République démocratique du Congo, les réfugiés continuent d’arriver pour fuir les violences.

Installés autour d’une table en plastique, ils sont une dizaine à taper le carton comme si de rien n’était. Pourtant, l’horreur est encore out près juste de l’autre côté du fleuve où se trouve la Centrafrique.
En RDC, le flot de réfugiés ne se tarit pas
24-01-2014 - Par Léa-Lisa Westerhoff

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.