Egypte: de nombreux morts dans des manifestations violentes

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont répondu à l'appel à manifester en faveur du pouvoir égyptien, ce samedi au Caire.
© REUTERS/Mohamed Abd El Ghany

Au moins 29 personnes sont mortes dans des heurts en Egypte, en marge de manifestations organisées pour marquer le troisième anniversaire du soulèvement contre Hosni Moubarak. Dans la matinée, une nouvelle explosion a par ailleurs frappé Suez, au lendemain d'une série d'attentats qui a fait six morts. Les partisans et les opposants au régime actuel étaient tous dans la rue ce samedi.

Article réactualisé régulièrement avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti

Journée particulièrement agitée en Egypte, trois ans après le début de la révolte qui a chassé du pouvoir Hosni Moubarak. Ce samedi, les divisions et les tensions sont exacerbées. Dernier bilan des heurts du jour, délivré par le ministère de la Santé : 29 morts au moins et des dizaines de blessés.

D'un côté, dans la rue : les partisans des Frères musulmans, toujours en colère après la mise à l'écart en juillet dernier du président Mohamed Morsi. De l'autre côté : les partisans de l'armée et du nouvel homme fort du pays, le général Abdel Fattah al-Sissi. Les deux camps ont organisé des manifestations à travers le pays.

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Des affrontements entre police et Frères musulmans ont eu lieu un peu partout en Egypte. Dès qu’une centaine de Frères musulmans ou de révolutionnaires radicaux se rassemblaient, la police est intervenue à coup de grenades lacrymogènes, et parfois de chevrotine. Par exemple sur la place Moustafa Mahmoud.

La police est souvent arrivée sur les lieux des manifestations après l’intervention d’habitants, qui s’en prenaient aux Frères musulmans dans les quartiers populaires. Il en a résulté plusieurs batailles rangées à coup de gourdins, de machettes ou d’armes à feu.

Le contraste est frappant, au regard des festivités qui se sont déroulés sur la place Tahrir, noire de monde, ou ailleurs en Egypte. Des manifestants pro-pouvoir ont exprimé leur joie d’avoir remporté la victoire contre la confrérie. Ils brandissaient des drapeaux égyptiens, mais aussi les portraits d'Abdel Fattah al-Sissi, des T-shirts et même des masques du général.

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L’homme fort de l’Egypte est considéré comme un héros pour avoir destitué le président Frère musulman Mohamed Morsi. Un véritable plebiscite. Mais la foule a aussi chanté des chansons patriotiques avec la fanfare de la police, alors que la police était la bête noire des révolutionnaires et de tous ceux qui descendaient à la place Tahrir en 2011.

Dans certains cortèges, pour autant, se trouvaient aussi des jeunes issus des mouvements laïques et révolutionnaires pour qui les ennemis sont l'armée, le ministère de l'Intérieur et les caciques de l'ancien régime, au même titre que les Frères musulmans.

A noter qu'un attentat à la voiture piégée visant une base de la police a fait au moins neuf blessés à Suez, dans le nord-est de l'Egypte.

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