RCA: les violences continuent, un ancien ministre a été tué

En RCA, alors que la présidente de transition prête serment, les violences se poursuivent.
© REUTERS/Siegfried Modola

En République centrafricaine, les appels à la paix de la nouvelle présidente Catherine Samba-Panza n'ont pas été entendus. De nouvelles violences ont eu lieu le 24 janvier à Bangui. C’est le quotidien : pillages, règlements de compte et assassinats. Hier, Joseph Kalité, un ancien ministre, proche de l'ex-rébellion Seleka, a été tué à coup de machette en pleine rue.

Alors que Catherine Samba-Panza prêtait serment dans l'hémicycle de l’ex-Assemblée nationale, les violences meurtrières faisaient rage au nord de Bangui où 15 personnes ont été tuées hier matin. Parmi elles, Joseph Kalité, un ancien ministre, proche de l'ex-rébellion Seleka, tué à coup de machette.

Dans les quartiers PK12 et PK13, des habitations musulmanes ont été pillées et brûlées. Prise à partie, la force française Sangaris a riposté, tuant un manifestant. Depuis plusieurs jours, les forces internationales ne parviennent pas à mettre un terme aux pillages et aux exactions.

→A (RE)LIRE: En attendant le gouvernement de transition, les violences continuent en Centrafrique

Ces attaques sont souvent menées par des éléments chrétiens anti-balaka incontrôlées dont se désolidarisent leurs leaders, évoquant des actes de brigandage sans motif politique. Depuis des semaines des dizaines de milliers de musulmans patientent dans ces quartiers nord, pour fuir Bangui et remonter vers le Tchad. Ils sont souvent la cible d'attaques auxquelles ils répondent par d'autres violences alimentant ainsi le cycle de représailles.

Ailleurs dans le pays, aucune route n'est vraiment sûre aujourd'hui. La circulation des camions entre le Cameroun et la RCA est totalement interrompue. Bloqués à la frontière, par peur des violences, près de 300 véhicules de ravitaillement dont ceux du Programme alimentaire mondial (PAM) sont actuellement escortés jusqu’à Bangui par les militaires de la force africaine Misca.

Faire cesser ces violences, c'est donc le principal défi de la nouvelle présidente et du futur Premier ministre. Catherine Samba-Panza s'est installée hier au palais présidentiel. Elle doit maintenant mener des consultations pour former rapidement un gouvernement qu'elle dit vouloir « resserré » et composé de « technocrates ».

Réactions

L ex-ministre tué hier à Bangui, Joseph Kalité, était le beau-père de Herbert Gontran Djono-Ahaba, ministre des Mines et de l'Energie hydraulique. Sur RFI, ce dernier qui est aussi leader ex-Seleka, appelle la force Sangaris et la Misca à faire cesser ces violences.

Il faut faire cesser les violences
Herbert Gontran Djono-Ahaba
25-01-2014 - Par David Thomson

De son côté, Nadia Dipsy, déléguée à la Communication du CICR, Comité international de la Croix-Rouge, à Bangui, partage le même point de vue.

Les violences continuent. Il faut arrêter.
Nadia Dipsy
25-01-2014 - Par David Thomson

Devant cette persistance des violences et de la détresse des populations, Walidou Modibo, l'imam adjoint de la Grande Mosquée de Bangui, au PK5, a pour sa part, après la prière du vendredi, annoncé à la presse que les imams renonçaient à lancer des appels au calme en direction des jeunes. Face aux violences qui sont le fait de groupes de bandits, toutes religions confondues, « nous devons autoriser ces jeunes à se défendre », a-t-il dit.

Face aux violences, nous avons dit aux jeunes défendez-vous.
Walidou Modibo
25-01-2014

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