Niger: deux journalistes en garde à vue

Marou Amadou, porte-parole du gouvernement du Niger, Garde des sceaux.
© AFP/Alberto Pizzoli

Deux journalistes de la presse privée sont gardés depuis plus de 48 heures dans les locaux de la police judiciaire à Niamey. Il s'agit de Soumana Idrissa Maïga le directeur de l'unique quotidien privé de la place, L’Enquêteur, et de Abdoulaye Maman, dit Abdou Wadata, journaliste et animateur du débat en hausa Gaskya sur la Télévision Bonferey. En cause, des écrits et des propos dans leur media respectif.

Ces interpellations interviennent quelques jours seulement après un point presse du garde des Sceaux. Selon lui, le gouvernement ne tolèrera plus certains dérapages de la presse. « Des appels à la haine ethnique, à l’insurrection ou au coup d’Etat, nous [en] avons entendus sur des médias, affirme Marou Amadou, ministre de la Justice. Des jeunes menaçant d’aller jusqu’à déloger tour à tour le Premier ministre et le président de la République, dans un style insurrectionnel, c’est inacceptable et nous n’allons pas accepter ça. »

Accusés de « complot » et « outrage »

Le directeur de l’Enquêteur, Soumana Idrissa Maïga, est poursuivi pour « complot contre la sûreté de l’Etat ». Quant au second de la télévision Bonferey, Abdou Wadata, il lui est reproché un « délit commis par voie de presse et des propos outrageants à l’endroit du président de la République. »

Réunies en cession extraordinaire, les associations socioprofessionnelles de la presse nigérienne condamnent et exigent la libération de leurs confrères interpellés. « Les organisations socioprofessionnelles des medias condamnent avec force la détention préventive dans les locaux de la direction de la police judiciaire de Niamey, exigent la libération immédiate et sans condition de nos deux confrères et le respect stricte des textes régissant le monde de la communication au Niger », exige Boubacar Diallo, le patron de la Maison de Presse.

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