Centrafrique: la présidente de transition va demander à l'ONU une opération de maintien de la paix

La présidente de transition centrafricaine Catherine Samba-Panza a annoncé mardi sur la radio RTL qu'elle allait «demander une opération de maintien de la paix aux Nations unies».
© REUTERS/Siegfried Modola

En Centrafrique, la présidente de transition Catherine Samba-Panza a annoncé, ce mardi 28 janvier à la radio française RTL, qu’elle va « demander une opération de maintien de la paix aux Nations unies ». Le dispositif actuel dans son pays est insuffisant pour rétablir et assurer la sécurité des populations, selon la nouvelle présidente centrafricaine. Cette demande survient le jour même où le Conseil de sécurité de l’ONU a donné son feu vert à l’aide militaire européenne.

Comment enrayer les violences en Centrafrique et restaurer l’ordre ? La question fait débat aux Nations unies. Le Conseil de sécurité de l’ONU a donné mandat, ce mardi 28 janvier, à une future force européenne pour aider les forces africaines et françaises à rétablir l’ordre en République centrafricaine (RCA) et menacé de sanctions les fauteurs de troubles dans ce pays.

Résolution adoptée à l'unanimité

A travers cette résolution adoptée à l’unanimité par les quinze membres du Conseil, ce dernier a ainsi décidé de mettre sous mandat de l’ONU les - environ - 500 soldats européens qui doivent prêter main forte aux 5 000 militaires africains de la Misca, la force de l’Union africaine - censée passer à 6 000 hommes – et aux 1 600 soldats français de l’opération Sangaris.

De son côté, l’ambassadeur français aux Nations unies, Gérard Araud, a estimé que le pays a besoin de 10 000 casques bleus pour sécuriser la population, « car la situation est très très grave et le pays immense », a-t-il expliqué.

Dispositif international insuffisant ?

La présidente de transition centrafricaine Catherine Samba-Panza a, elle, annoncé ce mardi sur la radio française RTL qu’elle allait « demander une opération de maintien de la paix aux Nations unies » pour renforcer le dispositif militaire international dans son pays, un dispositif qu’elle juge insuffisant :

«  Malgré la présence des éléments (français) de l’opération Sangaris, malgré la présence de la Misca, des exactions continuent aussi bien à Bangui qu’à l’intérieur du pays. Cela veut dire que ces troupes n’ont pas suffisamment d’hommes pour rétablir la sécurité et assurer la sécurité des populations, a estimé Catherine Samba-Panza. Aussi, je pense qu’il serait raisonnable et réaliste de demander une intervention d’une opération de maintien de la paix des Nations unies ». La présidente a aussi précisé qu’elle allait le faire « officiellement » et que « la lettre a déjà été faite depuis hier ».


Force de l'ONU: l'UA temporise

Avec notre correspondant à New York, Karim Lebhour

Ban Ki-moon, la présidente centrafricaine et la plupart des membres du Conseil de sécurité, tout le monde s’accorde sur le fait que l’envoi de casques bleus est nécessaire en Centrafrique pour stabiliser le pays. Une force de l’ONU aura plus de moyens, plus d’effectifs, plus d’équipements que la force africaine.

Mais cette décision ne vient toujours pas. Le Conseil de sécurité pensait voter cette opération de maintien de la paix en RCA au mois de mars pour un départ sur le terrain à l’été 2014. Mais, l’Union africaine (UA) traîne les pieds. Les diplomates africains disent à l’ONU que la Misca doit rester en place pendant au moins un an, c’est-à-dire jusqu’en décembre prochain pour faire ses preuves.

Les Africains font de la Centrafrique un test de la doctrine de défense de l’Afrique par les Africains. Cela met l’ONU dans une position difficile. Impossible d’aller contre la volonté de l’organisation régionale, même si les diplomates s’attendent à ce que les difficultés de financement de la Misca posent problème.

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