Republier
RCA

Centrafrique: situation toujours bloquée à Sibut

Soldats burundais de la Misca, le 15 décembre 2013.
© AFP PHOTO / SIA KAMBOU

En Centrafrique, la Misca a engagé ce samedi matin des négociations avec les ex-rebelles de la Seleka qui ont pris le contrôle de Sibut, une ville située à environ 180 km au nord de Bangui, la capitale. Le commandant de la Misca, le général Tumenta Chomu, a affirmé ce même jour sur les ondes de la radio nationale que ses troupes avaient repris la ville de Sibut. Mais sur le terrain, selon nos informations, la situation est loin d'être réglée.

Les témoins joints sur place sont formels, les habitants restent terrés en brousse, il n'y a pas de mouvements vers la ville car les soldats de Sangaris et de la Misca n'ont pas pris position dans les rues. Les Français resteraient pour l'instant en retrait, à quelques kilomètres, près du village de Ngoloyo. Tout en gardant un oeil sur la situation, notamment grâce à des survols et un dispositif déployé sur un pont offrant une vue sur tout le centre-ville.

« La majeure partie de la ville de Sibut est contrôlée par les ex-Seleka. Aucun élément de la Misca ni de Sangaris n'est entré dans la ville de Sibut. Ils sont à la périphérie de la ville. La ville est une ville fantôme, c'est sinistre, les gens craignent de rentrer chez eux », rapporte ainsi un habitant qui rentre du centre-ville.

Depuis vendredi soir, les contacts se multiplient entre les ex-Seleka restés en ville - la majorité a quitté la ville en direction de Bambari - et les officiers de la Misca et de Sangaris.

Si la force africaine estime que le conflit est en cours de résolution, et que les Seleka seront cantonnés, la situation est en fait loin d'être réglée. «  Les choses commencent à traîner en longueur... D'après les indiscrétions que nous avons eues, les ex-éléments de l'ex-Seleka posaient beaucoup de conditions pour déposer les armes. Certains voulaient être payés, certains demandaient des postes dans l'armée, dans la police, etc...  »

Pour le député de Sibut, Yoyo Marcellin, ces conditions sont impensables. « Ce sont des gens qui ont tué, qui ont assassiné, qui ont brûlé des maisons, qui ont violé des femmes, et ils demandent un dédommagement. C'est inadmissible, c'est se moquer des gens ! Nous, on veut qu'on les dégage. Il faut les balayer par la force. Ce sont des terroristes, pas des gens avec qui négocier », tempête le député qui ajoute que la Misca serait en train de consulter Bangui au sujet de ces requêtes.

Face à cette situation sécuritaire instable, ce samedi soir, des religieux qui protègent et hébergent la population ont appelé les habitants de Sibut à passer une nouvelle nuit en brousse.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.