Côte d’Ivoire: Simone Gbagbo entendue par la justice ivoirienne

Simone Gbagbo, en 2009.
© AFP PHOTO/ SIA KAMBOU

En Côte d’Ivoire, Simone Gbagbo est entendue depuis mardi 4 février à Odienné, dans le nord-ouest du pays où elle est assignée à résidence depuis la fin de la crise postélectorale. Une audition menée par la justice ivoirienne pour l’ancienne première dame et première vice-présidente du Front populaire ivoirien (FPI). L’épouse de l’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, est aussi réclamée par la Cour pénale internationale (CPI). 

Il s’agit de la deuxième audition, sur le fond, depuis l’assignation à résidence de Simone Gbagbo il y a bientôt trois ans.

La première audition, en novembre 2012, avait été menée par un juge d’instruction et, depuis mardi, l’interrogatoire est mené par le procureur de la République du parquet d’Abidjan, Richard Adou. Ce dernier est assisté du doyen des juges d’instruction du tribunal de première instance d’Abidjan. Aux côtés de Simone Gbagbo, Me Rodrigue Dadjé, l’un de ses avocats. Mardi, l’audition a duré plus de cinq heures et presqu’autant ce mercredi.

Suspectée par la justice ivoirienne notamment de « crimes de guerre, crimes économiques, atteinte à la sûreté de l’Etat et génocide », Simone Gbagbo pourrait-elle bénéficier d’une liberté provisoire à l’issue de l’audition qui a commencé mardi, comme d’autres cadres du FPI avant elle ? Ou bien s’achemine-t-on vers l’ouverture d’un procès ?

Pour le FPI, Simone Gbagbo doit aussi bénéficier des gestes de décrispation que le pouvoir multiplie depuis quelques semaines. Un pouvoir qui est face à un dilemme, à savoir que la Cour pénale internationale réclame Simone Gbagbo depuis plus d’un an. Néanmoins, le gouvernement a, jusqu’ici, refusé de la transférer à La Haye en disant que la justice ivoirienne était désormais apte à poursuivre et juger les auteurs des crimes commis pendant la crise postélectorale.