Grève des mineurs en Afrique du Sud: les négociations patinent, la tension monte

Des mineurs manifestent devant le site de Lonmin, à Rustenburg, dans le nord-est de Johannesburg, le jeudi 30 janvier 2014.
© REUTERS/Siphiwe Sibeko

Les négociations ont repris le 4 février pour tenter de trouver une issue à la grève dans les mines de platine. La grève est dans sa 2e semaine et le secteur est presque totalement paralysé. Quelque 80 000 mineurs ont cessé le travail, à l’appel d’un petit syndicat radical Amcu, qui exige des salaires plus élevés. Alors que les négociations patinent, sur le terrain la tension monte.

Nouvelle rencontre hier entre le syndicat Amcu et les producteurs de platine. Rien n’a filtré de ces nouvelles discussions. Mais apparemment, une nouvelle offre serait sur la table. Et selon le syndicat Amcu, les discussions seraient bien avancées.

La semaine dernière, Amcu a rejeté une offre des producteurs, une revalorisation des salaires sur trois ans avec une augmentation de 7,5% la première année. Amcu a prévenu que cette grève pourrait durer encore un mois si rien n’est fait pour satisfaire ses demandes. Le syndicat exige que les salaires soient multipliés par 2.

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Pendant ce temps, les trois producteurs de platine ont mis en garde contre un arrêt prolongé de leur activité. Selon Roger Baxter, chef économiste à la Chambre des mines, cette grève coûte plus de 26 millions d’euros par jour à l’industrie : « 197 millions de rands de revenu sont perdus chaque jour. Mais si vous ajoutez toute les dépenses, par exemple l’électricité consommée chaque jour et d’autres coûts, vous atteignez les 400 millions de rand par jour ».

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Pendant se temps sur les sites, la tension monte. Hier, des affrontements ont eu lieu entre la police et des mineurs qui tentaient de bloquer l’accès à une des mines. La police a dû tirer avec des balles en caoutchouc pour disperser les grévistes qui étaient armés de bâtons. Deux personnes ont été interpellées, et selon le syndicat, sept mineurs ont été blessés.