Les Tunisiens célèbrent l'adoption de leur nouvelle Constitution

Le président tunisien, Moncef Marzouki (D) et son homologue français, François Hollande avant la cérémonie de célébration de la nouvelle Constitution tunisienne. Tunis, le 7 février 2014.
© REUTERS/Anis Mili

Ce vendredi 7 février, au cours d'une cérémonie organisée au siège de l'Assemblée nationale constituante (ANC), la Tunisie a célébré l'adoption il y a quelques jours de sa nouvelle Constitution. L'événement a été salué par de nombreux chefs d'Etat et chefs de gouvernement étrangers qui avaient fait le déplacement jusqu'à Tunis. Le président français François Hollande, ses homologues mauritanien et malien, ainsi que d'autres chefs d'Etat africains ont pris la parole à cette occasion. Ils ont tous salué l'achèvement d'une étape cruciale de la transition tunisienne.

Tour à tour, les responsables de la Troïka tunisienne qui se partagent le pouvoir, ont dit à la tribune leur fierté d'avoir réussi à rédiger une Constitution consensuelle, même si le chemin a été long et difficile, comme l'a rappelé aux invités le président Moncef Marzouki.

« Vous êtes venus, leur a-t-il déclaré, célébrer avec nous notre victoire sur le terrorisme qui a voulu semer le chaos dans notre pays, arrêter notre marche vers la démocratie en s'en prenant vainement à notre armée, à nos forces de sécurité, et en assassinant lâchement nos deux martyrs : Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi.»

Le nouveau contrat social tunisien

Rien n'était pourtant acquis il y a quelques mois, a reconnu à son tour François Hollande, avant de saluer la force, l'audace, et le courage des Tunisiens. La Tunisie est un exemple pour le président français et aussi pour Ali Bongo, le président gabonais, qui a salué les Tunisiens en les félicitant de vivre dans une nation qui « a su privilégier le dialogue et l'unité ». « Vous avez, a-t-il ajouté, fait preuve aux yeux du monde d'une grande maturité politique, en dessinant les lignes d'un nouveau contrat social tunisien ». 

Tout comme Ali Bongo, Mohamed Ould Abdelaziz, Ibrahim Boubacar Keïta, Idriss Deby, Macky Sall ou encore Alpha Condé ont pris la parole. Ils ont attiré l'attention sur le long chemin parcouru par les Tunisiens. « Nous sommes vraiment heureux, a déclaré le président guinéen, que vous ayez réussi à donner à tous ceux qui ne croyaient plus au printemps arabe de nouvelles raisons d'y croire. Il fallait que nous venions pour vous rendre hommage et nous espérons que la suite viendra couronner votre démarche.»

De nombreux défis

Mais de nombreux défis demeurent pour la transition démocratique et le nouveau gouvernement. Car si l’adoption de ce texte est une étape essentielle de la transition démocratique tunisienne, elle n’en est qu’une étape. Tout dépendra de la manière dont il sera interprété.

Le nouveau gouvernement doit désormais conduire le pays jusqu’aux prochaines élections qui devraient avoir lieu avant la fin de l’année. Ce gouvernement qui ne devrait donc rester qu’une dizaine de mois aux manettes sera confronté à de nombreux défis, en particulier au niveau de l’économie et de la sécurité.

Certes, l’adoption de la Constitution et le consensus qui a été trouvé sur le nouveau gouvernement ont apporté une bouffée d’air frais. La Tunisie semble entrer dans une nouvelle phase de stabilité. Pourtant, elle n’est pas encore sortie d’affaire.

Les commémorations en hommage à l’opposant politique Chokri Belaïd, assassiné il y a un an ont rappelé que le pays doit encore faire face à certaines menaces terroristes. Sur le plan économique, Mehdi Jomaa devra prendre des mesures impopulaires, d’autant plus difficiles à faire passer auprès de la population qui souffre déjà de la flambée des prix. En janvier, son prédécesseur avait par exemple dû suspendre une nouvelle série de taxes sur les véhicules suite aux manifestations et aux violences que cette annonce avait déclenchées.

→ A (RE)LIRE : La Tunisie, un an après l'assassinat de Chokri Belaïd

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.