Mali: l'attaque contre des Touaregs dégénère en affrontements intercommunautaires

Dans le village de Tashek, au nord du Mali, une patrouille de militaires discute avec un touareg.
© REUTERS/Joe Penney

Une trentaine de civils touaregs, dont deux femmes, ont été froidement exécutés jeudi 6 février au retour du marché, à Tamkoutat, à l'est de Gao. Les assaillants sont des Peuls, soupçonnés d'être à la solde du Mujao. Ce vendredi, en représailles à ce massacre, des Touaregs les ont pourchassés vers la frontière nigérienne. On dénombre plusieurs morts.

Dès jeudi soir, des combattants touaregs soutenus par de simples civils étaient partis en chasse des assaillants peuls. Ce vendredi, en début d'après-midi, des combats ont éclaté à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec le Niger entre les deux communautés. Au moins trois personnes ont été tuées.

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Sur place, dans la région de Djebok, on n'hésite pas à parler du Mujao pour désigner les assaillants peuls. « Ils ont été recrutés par les arabes, et même si leurs chefs se sont cachés, eux sont restés sur place. Et en cas de problème, ils se réfugient au Niger », assure un habitant de Djebok.

Dans cette zone frontalière, les conflits intercommunautaires entre Touaregs Daoussak et Peuls ne sont pas nouveau. « La seule différence, c'est que désormais, avec les armes laissées par le Mujao, les règlements de compte sont plus nombreux et plus violents », analyse un bon connaisseur de la région.

Ce vendredi, la Minusma déplorait dans un communiqué ces « affrontements intercommunautaires » pouvant entraver le processus de réconciliation. Le gouvernement malien a de son côté qualifié d'acte terroriste le massacre de Tamkoutat et a promis de faire toute la lumière sur ces assassinats. Mais sur place, les populations déploraient l'insécurité et l'absence de forces de l'ordre.

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