A Bangui, les enfants comptent parmi les victimes les plus vulnérables

Une jeune fille porte un bidon d'eau, dans le centre Don Bosco de Bangui, qui abrite des milliers de déplacés internes, dont des centaines d'enfants.
© AFP PHOTO/ SIA KAMBOU

A Bangui, «la situation sécuritaire est intenable et est inacceptable», estime l'ONG Médecins sans frontières. Une analyse partagée par l'ensemble des acteurs humanitaires qui, au quotidien, déplorent les conséquences de la violence qui se poursuit dans les quartiers de la capitale centrafricaine. Parmi les victimes les plus vulnérables, les enfants.

Le plus souvent rapatriés par la Croix-Rouge, des enfants sont régulièrement admis à l’hôpital pédiatrique de Bangui. Ils sont quarante à avoir ainsi été accueillis au cours du mois de décembre. Et le chirurgien de l’ONG Emergency, le docteur Antonio Rignone, pense que le nombre d’enfants accueillis à l’hôpital ne devrait pas baisser au cours du mois de janvier. Plus préoccupant, le chirurgien constate des blessures de plus en plus profondes infligées aux enfants. « Ce sont des vraies blessures de guerre, soit des blessures par éclats, soit des blessures par balles », témoigne-t-il.

Lance-grenades

Les humanitaires constatent que les machettes ne sont en effet plus les seules armes à être utilisées. Des kalachnikovs, mais aussi de plus en plus d’armes plus lourdes, comme des lance-grenades, font des dégâts très importants.

A titre d’exemple, ce samedi 8 février trois enfants amenés à l’hôpital pédiatrique souffrent de blessures causées par des tirs de grenades. Tous viennent du quartier mixte de Bangui, le PK5.

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Mais, même lorsqu'il ne s'agit pas de victimes « collatérales », souligne Grant Leaty, responsable Unicef des urgences à Bangui, ce qui est encore plus inquiétant, « c'est lorsque les enfants sont clairement visés. Quand il y a des enfants coupés et parfois tués par des coups de machette, par exemple. Parce qu’avec un coup de machette c’est impossible que l’enfant soit au mauvais endroit au mauvais moment. »


■ L'Unicef s'inquiète des conséquences du début prochain de la saison des pluies

Judith Leveillée, n°2 de l'Unicef en Centrafrique, juge qu'il est urgent que le retour de la sécurité soit assuré, avant le début de la saison des pluies. « La situation dans laquelle Bangui se trouve en ce moment est intenable. Il y a plus de 68 sites de déplacés, et presque un million de gens qui vivent dans des conditions précaires ».

Une situation d'autant plus préoccupante que la saison des pluies va commencer sous peu, en Centrafrique. « Et les pluies en Centrafrique sont vraiment torrentielles. Donc, il y a plusieurs facteurs à considérer pour parer les sites aux grandes pluies, éviter le pire au niveau de la santé publique», insiste la représentante de l'Unicef. « La clé de voûte de la normalisation de la situation en Centrafrique passe par la sécurité. Il faut assurer la sécurité des enfants, la sécurité des familles, puisque c’est grâce à la sécurité que les populations vont pouvoir retrouver un rythme de vie normale, retourner dans leur quartiers, retourner dans leurs maisons, être captables de retourner à l’école, retourner dans les centres de santé et vaquer à leurs occupations normales. »

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La situation humanitaire en République centrafricaine (décembre 2013 - source OCHA) :

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La situation humanitaire en Centrafrique est de plus en plus alarmante, pour le Bureau des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) © OCHA