Dans une tribune Hollande et Obama évoquent leurs actions en Afrique

Le président français François Hollande a rencontré Barack Obama à la Maison-Blanche, vendredi 18 mai 2012.
© REUTERS/Larry Downing

Une tribune exclusive signée Barack Obama et François Hollande s'affiche à la Une des quotidiens Le Monde et le Washington Post, ce lundi 10 février. Ils y vantent la nouvelle alliance entre la France et les Etats-Unis, les grands axes de coopération économique, politique et sécuritaire. Un texte où il est aussi question du partenariat franco-américain en Afrique.

Pour les deux chefs d'Etat français et américain, c'est sur le continent africain que le nouveau partenariat entre la France et les Etats-Unis s'exprime le mieux.

Au Mali d'abord, les Américains ont soutenu les forces françaises et africaines en apportant du renseignement et une aide logistique. Cette coopération, les deux présidents disent la mener aussi dans tout le Sahel, à savoir du Sénégal à la Somalie,  précisent-ils. La France et les Etats-Unis contribuent à la formation et à l'entraînement des forces de sécurité locales.

En Centrafrique aussi, les Etats-Unis soutiennent les soldats de la force Sangaris et ceux de la Misca - la Mission de l’Union africaine - en apportant un appui logistique via des ponts aériens. On sait notamment que les Américains ont dépensé 3,5 millions de dollars pour transporter les troupes burundaises vers Bangui dans leurs avions gros porteurs.

Une entente renforcée

Dans cette tribune, les deux présidents rappellent qu'au-delà des questions sécuritaires, ils ont été les premiers pilotes du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. « Il y a dix ans, peu nombreux étaient ceux qui pensaient que nos deux pays allaient travailler ensemble aussi étroitement et dans autant de domaines », écrivent Barack Obama et François Hollande.

Barack Obama et François Hollande affirment que cette nouvelle alliance date surtout d'il y a quatre ans, au moment du retour de la France dans la structure de commandement de l'Otan. Le partenariat Etats-Unis/Europe s'est alors renforcé, tout comme celui entre les Etats-Unis et la France.

C'est dans ce cadre de l'Otan qu'il y a eu l'intervention en Libye, en 2011. Paris, Washington et Londres ont envoyé leurs avions pour stopper l'avancée vers Benghazi des troupes de Kadhafi.

L'intervention française au Mali, en 2013, a été un tournant. La France a, semble-t-il, gagné en respect par sa réactivité et sa volonté politique. Le Mali a manifestement scellé un vrai partenariat entre les deux pays, dans cette région du Sahel qui inquiète Américains et Français.

Concrètement, les Américains ont laissé agir la France dans son pré carré mais ont fourni une aide déterminante, à savoir du ravitaillement aérien, du transport logistique et surtout des renseignements. L'appui américain décisif s'est fait en coulisse et a permis ainsi à Barack Obama de ne pas apparaître comme un va-t-en guerre.

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a salué cet engagement il y a quelques jours. « Jamais les Etats-unis n'ont autant contribué à nos opérations extérieures », a-t-il déclaré.

Une coopération qui s'illustrera encore à la mi-février lorsqu’un détachement des forces spéciales françaises participera, aux côtés des forces spéciales américaines, à l'exercice Flintlock 2014, un exercice régional qui s'est déjà déroulé par le passé au Mali et en Mauritanie.

Relation bilatérale des Etats-Unis avec les pays africains

Pour l'administration américaine, les grands partenaires restent l'Afrique du Sud, le Nigeria et le Soudan du Sud. Ce dernier est un pays dans lequel ils se sont beaucoup investis. L'Angola devient aussi un partenaire de plus en plus important.

Et puis, il y a une présence qui se renforce sur certains terrains francophones dans le domaine sécuritaire essentiellement. Ainsi, au Niger, dans le cadre de la lutte anti-terroriste, trois drones ont été positionnés à Niamey. Au Burundi, un accord militaire a été signé il y a quelques jours - Sofa (Status of Forces Agreement )  - entre Washington et Bujumbura, qui concerne la formation et la fourniture de matériel.

Les deux présidents affichent dans cette tribune une entente sans faille dans le respect mutuel des intérêts de chacun. Une amitié sans aucun nuage en quelque sorte.

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