Nigeria: ouverture d'une enquête sur les «meurtres d'Etat»

L'ex-président du Nigeria Olusegun Obasanjo est à l'origine des questionnements sur ces «meurtres d'Etat»
© AFP / Seyllou

Une enquête publique a été ouverte au Nigeria sur les « meurtres d'Etat » des 20 dernières années. Des crimes qui remontent notamment aux années Abacha, mais aussi à la période durant laquelle Olusegun Obasanjo était au pouvoir. Mais cette enquête va viser des institutions et non des individus.

L'ouverture de cette enquête fait suite à une déclaration publique en décembre dernier de l'ancien président Olusegun Obasanjo qui accusait le président Goodluck Jonathan d'entretenir une milice privée afin de procéder à des « assassinats » politiques.
Goodluck Jonathan avait démenti cette accusation, assurant qu'il allait tout de même ordonner une enquête.

En mettant en place une commission qui va travailler sur la période allant de novembre 1995, quand le Nigeria était sous le régime militaire de Sani Abacha, jusqu'à aujourd'hui, le président Jonathan marque deux points. Il se met tout d'abord au-dessus du bras de fer qui l'oppose directement à Olusegun Obasanjo qui ne souhaite pas qu'il se représente au scrutin présidentiel de l'année prochaine.

Obasanjo dans le collimateur

Mais il compromet également l'ancien président. En effet, en décembre 2001, le ministre de la Justice d'Obasanjo, Bola Ige, a été tué chez lui à Ibadan alors qu'une figure de l'opposition, Harry Marshall, était assassinée chez elle, dans la capitale fédérale Abuja.

Il y a aussi le cas d'Aminosari Dikibo, vice-président du PDP, le parti au pouvoir. Il a été tué par des hommes armés non identifiés qui lui ont tiré une balle dans la tête, près d'Asaba, la capitale de l'Etat de Delta, où il devait assister à une réunion politique.

Pendant la présidence d'Olusegun Obasanjo, une équipe avait été formée pour enquêter sur les violations de droits de l'homme, en particulier les meurtres politiques sous les régimes militaires précédents. Mais le rapport de cette enquête n'a jamais été rendu public.

La publication des conclusions de cette enquête devrait contribuer à ce que le scrutin de l'année prochaine se passe sans violence.

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