RCA: restaurer les quartiers pour le retour des réfugiés

Distribution d'aide alimentaire le 12 février, à l'aéroport de Mpoko, à Bangui.
© REUTERS/Luc Gnago

En RCA, la nouvelle urgence, c'est le retour des réfugiés chez eux. A Bangui, les autorités tâchent de rassurer la population pour l'inciter à quitter l'aéroport, sécurisé par les militaires français. Le Programme alimentaire mondial vient également de mettre en place un pont aérien humanitaire vers la capitale centrafricaine.

Dans l’enceinte d’une ancienne école de Benz-Vi, dans le cinquième arrondissement de Bangui, des tentes ont été alignées, au milieu desquelles broutent quelques chèvres. Des latrines ont été creusées, des coins aménagés pour que les gens puissent se laver.

Tout est prêt pour accueillir 3000 des habitants du quartier partis se réfugier près de l’aéroport pour fuir les violences et les exactions. « Ils viennent le soir et ils dorment ici. Le matin, ils repartent chez eux pour faire leurs activités. Donc il y a un retour progressif de ces habitants vers leur quartier et leur maison », assure Thomas Simon Ganakamba, maire du Ve arrondissement.

L’enceinte est gardée par des hommes de la Misca. Les chefs de quartier sont eux mobilisés pour recenser et accueillir ceux qui pourront bénéficier de ce centre. L’objectif étant de faire en sorte que Benz-Vi reprenne vie. Philippe Leclerc, représentant du Haut commissaire des Nations unies, explique : « Ce qu’on souhaiterait faire, c’est, une fois que les conditions de sécurité s’améliorent, accompagner à travers des activités humanitaires dans les quartiers, notamment des programmes qui sont rémunérés pour les jeunes [comme] laver les canaux par exemple, entretenir les bâtiments. Tout un ensemble d’activités qui permettent aux quartiers de recommencer à vivre progressivement sur une base qui n’est pas normale mais qui peut permettre un retour à des activités normales. » A terme, trois autres projets similaires sont prévus dans ce quartier pilote.

Pont aérien humanitaire vers Bangui

D'autant que la situation humanitaire dans le pays demeure alarmante. Le premier avion du Programme alimentaire mondial est arrivé mercredi après-midi à Bangui. A bord, 82 tonnes de riz en provenance de Douala.

Pour le PAM, il y avait urgence. Dans ses stocks, à peine plus de quatre jours de réserves de nourriture pour Bangui. Malgré un coût cinq fois plus élevé que la route, le pont aérien va durer au moins un mois, avec 25 rotations d'avions-cargos entre Douala, au Cameroun, et la capitale centrafricaine.

Cette aide humanitaire doit approvisionner en priorité les 100 000 déplacés du camp Mpoko, sur l'aéroport, mais aussi ailleurs dans la capitale. Dans l'intérieur du pays, le pont aérien devrait permettre de constituer des premiers stocks de céréales en prévision du début de la saison des pluies, à partir du mois d'avril, qui rendra encore plus difficile d'accès certaines régions.

Par la route, la nourriture continue pourtant d'arriver grâce aux escortes de la force africaine Misca, mais le rythme est encore insuffisant : à peine trois convois ces trois dernières semaines. En outre, la présence de la Misca ne suffit pas à rassurer des routiers toujours très réticents à emprunter l'axe Douala-Bangui en raison de l'insécurité.

Au total, l'aide acheminée par ce point aérien du PAM sera redistribuée pendant un mois à environ 150 000 personnes dans un pays où, selon l'ONU, 1,3 million de personnes (1/4 de la population) ont besoin d'une aide alimentaire immédiate.

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