Le Kenya accuse l'agence américaine Usaid de destabilisation

Le président kenyan Uhuru Kenyatta.
© Reuters/Noor Khamis

Une institution kenyanne accuse l'agence américaine pour le développement, USAID, de vouloir déstabiliser le gouvernement en finançant des manifestations hostiles aux autorités. L'information vient d'un comité des services de sécurité intérieure, rattaché à la présidence, qui demande au gouvernement de convoquer des responsables de l'USAID. L'ambassade américaine a réfuté ces accusations.

 

Les accusations formulées par le Comité consultatif sur la sécurité intérieure sont graves. L'USA- ID cherche, selon ce comité, à affaiblir le gouvernement en faisant appel à des activistes. Le comité fait sans doute référence aux récentes manifestations organisées par des militants issus de la société civile. Francis Kimemia, le patron du comité, affirme détenir des documents qui prouvent que l'agence a financé ces manifestations, limitées à quelques centaines de participants.

L'ambassade américaine a immédiatement démenti. Dans un communiqué, elle rappelle que les Etats-Unis sont un partenaire solide du gouvernement kenyan depuis cinquante ans. Le ministère des Affaires étrangères kenyan estime que le président du comité consultatif, organe sous la tutelle de la présidence, n'a pas outrepassé son mandat en formulant ces accusations.

Mais il prend soin de ne pas verser dans la surrenchère. « Si l'on nous présente des faits, nous serons amenés à conduire un audit sur les activités de cette agence », a indiqué à RFI Karanja Kibicho, le porte-parole du ministère, avant d'ajouter, « pour l'heure nous ne disposons pas d'éléments qui attestent du caractère subversif de USAID, une agence qui joue un rôle positif pour notre pays ».

Cet épisode est une nouvelle illustration des relations assez tendues entre le Kenya et les Etats-Unis, et plus généralement les pays occidentaux, depuis quelques mois. Les autorités kenyanes dénoncent les procès pour crimes contre l'humanité engagées par la Cour pénale internationale contre le chef de l'Etat et son vice-président, Uhuru Kenyatta et William Ruto.

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