Côte d’Ivoire: Michel Gbagbo empêché de quitter le territoire

Michel Gbagbo après sa mise en liberté provisoire en août 2013.
© AFP PHOTO / SIA KAMBOU

Michel Gbagbo n'a pas pu embarquer hier soir, vendredi 14 février, comme il l'avait annoncé, dans un vol à destination de Paris. Le fils de l'ancien président ivoirien a été interpellé à l'aéroport Félix-Houphouët-Boigny et conduit, selon son avocat qui l'accompagnait, à la DST, la Direction de la surveillance du territoire.

Selon ses défenseurs, Michel Gbagbo devait se rendre à une convocation de la justice française dans le cadre d'une affaire l'opposant à Guillaume Soro, le président de l'Assemblée nationale ivoirienne. Michel Gbagbo avait porté plainte contre lui pour « traitement dégradant et inhumain ». Mais il est lui-même poursuivi dans son pays pour des crimes liés à la crise postélectorale et, plus tôt dans la journée, le parquet général près de la cour d'assises d'Abidjan avait fait savoir qu'il n'autorisait pas Michel Gbagbo à quitter la Côte d'Ivoire, au motif qu'un déplacement « hors du territoire national » risquait de « compromettre la bonne tenue » d'une session d'assises « bientôt » organisée.

Le commissaire de l’aéroport d’Abidjan a ainsi dit à Michel Gbagbo, qu’il était frappé d’une interdiction de sortie du territoire, selon son avocat, avant de le confier à la DST, la Direction de la surveillance du territoire, pour interrogatoire.

Maître Rodrigue Dadjé a affirmé que son client, qui est en liberté provisoire, n’a jamais reçu de document lui interdisant de quitter la Côte d’Ivoire, ni de la part du juge d’instruction, ni de celle de la chambre d’accusation. « Et je doute fort qu’une telle ordonnance [d'interdiction de sortie du territoire] existe », confie même l'homme de loi. L’avocat ajoute que le parquet n’a pas le droit d’interdire à Michel Gbagbo de voyager tant qu’il indique le jour de son départ.

Deuxième tentative

Selon Maître Habiba Touré, son avocat parisien, à coté de cette interdiction officielle, Michel Gbagbo aurait aussi reçu des menaces. « Il y a du harcèlement envers Michel Gbagbo, il n’a cessé de recevoir des coups de fil d’intimidation, abus de pouvoir, par le biais de différentes autorités. » Et cela démontrerait la fébrilité du pouvoir, ces autorités ne voulant « absolument pas qu’il se rende à l’aéroport, estimant que ce que monsieur Michel Gbagbo pourrait dire à la vue de l’instruction, pourrait être gênant pour le pouvoir en place ».

Après l’échec de novembre dernier, c’est la deuxième fois qu’il tentait de répondre à la convocation de la justice française, dans le cadre de sa plainte contre Guillaume Soro et des commandants de zone pour enlèvement et séquestration.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.