RCA: quelques «gros poissons» anti-balaka aux mains de la Misca

Un combattant anti-balaka à Bangui, le 14 janvier.
© REUTERS/Siegfried Modola

Une opération de désarmement et de police a été menée hier matin, samedi 15 février, à Bangui, dans le quartier de Boy Rab, fief des anti-balaka, ces milices accusées depuis plusieurs semaines de s'en prendre à des civils musulmans. Plusieurs meneurs ont été arrêtés. Ce dimanche matin le procureur était au siège de la Misca.

Ghislain Gresenguet, le procureur de la République centrafricaine, a préparé, ce dimanche matin, avec les responsables de la Misca, la force africaine sur place, le transfèrement des personnes arrêtées. C'est d’ailleurs sur la base d'un mandat qu'il avait émis que la force africaine a pu procéder hier aux arrestations. Les premiers interrogatoires ont eu lieu hier à Mpoko, au siège de la Misca, mais c'est maintenant à la justice centrafricaine de prendre le relais.

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On sait que sur la dizaine de personnes arrêtées figurent quatre responsables des anti-balaka, et notamment le lieutenant Konaté et le lieutenant Ganagi Hervé. Ils sont considérés comme des fauteurs de trouble par les autorités qui les accusent d'embrigader des jeunes pour semer le désordre. Même au sein de leur mouvement, ils sont pointés du doigt.

Les anti-balaka divisés

Les anti-balaka sont en fait désormais divisés. Il y a une tendance qui réclame le retour à l'ordre constitutionnel, c'est-à-dire le retour du président Bozizé. C'est celle qui est dans le collimateur de la justice. Un de leur coordonnateur, Patrice Edouard Ngaissona a échappé d'ailleurs hier au coup de filet de la Misca et est toujours recherché.

L'autre tendance collabore avec les nouvelles autorités. Son objectif, c'était le départ du président Djotodia. Maintenant que c'est fait, cette tendance a décidé de rentrer dans le rang. Dans ce camp-là, on se félicite de l'opération menée hier. C'était le seul moyen de revenir au calme, confie l'un d'eux, le capitaine Kamizoulaye.

Joint par RFI, ce militaire explique que la rupture est consommée entre les deux tendances, que le dialogue est devenu presque impossible. C'est la guerre même au sein des anti-balaka, regrette-t-il.

Aux environs de 12 heures, on a procédé au transfèrement (...) Demain, ils seront entendus par les élément de la PJ, la police judiciaire, pour qu'une procédure soit montée en bonne et due forme dans les 24 ou 48 heures qui suivent
Ghislain Grésenguet, procureur de la République, s'exprime sur RFI soir ce dimanche
16-02-2014 - Par RFI