Génocide rwandais: Simbikangwa aurait joué un rôle central

Salle d'audience avant le procès de Pascal Simbikangwa, à Paris, le 4 février 2014.
© REUTERS/Charles Platiau

Nouvelle journée d'examen des charges au procès de Pascal Simbikangwa, génocidaire rwandais présumé. La cour d'assises de Paris a entendu ce mardi 25 février deux témoins. Un homme originaire de la région de Gisenyi a raconté que l'ex-capitaine était très actif dans sa région lors du génocide. Un autre témoignage, celui d'une ancienne journaliste de la Radio Mille collines (RTLM), attribue à Pascal Simbikangwa un rôle central dans l'organisation du génocide au niveau national.

Pour le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), la Radio Mille collines est l’un des principaux instruments du génocide. Ses communiqués étaient résolument anti-Tutsis et, sur l’antenne, les journalistes annonçaient les lieux où ils se trouvaient. Or, l’une de ses anciennes employées, Valérie Bemeriki, actuellement incarcérée au Rwanda et reliée aux assises de Paris par visioconférence, assure que Pascal Simbikangwa y venait tous les deux jours.

Selon ce témoin, Pascal Simbikangwa discutait avec le directeur de la RTLM et ce dernier rédigeait ensuite les communiqués que les journalistes lisaient à l’antenne.

Valérie Bemeriki qui, début avril 1994, passait jour et nuit à la radio, affirme avoir vu Pascal Simbikangwa le matin suivant l’attentat contre le président Habyarimana et que l’ex-capitaine a alors affirmé que c’étaient les Tutsis qui avaient abattu l’avion.

Ensuite, l’ancienne journaliste relate une autre rencontre avec Pascal Simbikangwa. Quelques jours plus tard, à un barrage dans Kigali, l’accusé aurait alors loué le travail de la RTLM et puis aurait livré des munitions aux miliciens présents.

La défense s’étonne de détails qu’elle n’avait pas mentionnés lors de ses précédentes auditions – « nombreuses », souligne-t-elle devant le TPIR mais aussi devant des juridictions nationales comme dans le cas présent. « C’est devenu une véritable activité », lance Me Bourgeot.

« Si je témoigne aujourd’hui, c’est pour apporter ma pierre à la reconstruction rwandaise », se défend l’ex-journaliste pour qui « ceux qui sont en prison actuellement ne sont que le petit peuple ». 

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