RCA: malnutrition et insécurité menacent les réfugiés à l’étranger

Des réfugiés centrafricains arrivent dans le camp de Garoua Boulay, le 28 janvier 2014.
© REUTERS/Mathieu Ngah/IFRC/Handout

En Centrafrique, la situation humanitaire est dramatique sur le terrain. Selon le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) de l'ONU, au moins 15 000 personnes, essentiellement des musulmans, sont exposées sans aucune défense à des groupes armés dans différentes régions du pays. Mais dans les camps de réfugiés au Tchad et au Cameroun, la situation n’est guère enviable : le manque de nourriture et l’insécurité croissante pourrissent le quotidien.

Au Tchad, Médecins sans frontières (MSF) tire la sonnette d'alarme. Une équipe est déployée depuis deux semaines à Sido, l'un des villes du sud du Tchad où arrivent les réfugiés centrafricains. Ils sont 13 200 aujourd'hui rien que dans cette localité et ils manquent de tout, selon l'ONG. Ils n'ont pas d'abri, ni d’accès à l'eau en quantité suffisante et surtout ils meurent de faim.

Augustin Ngoyi est le coordinateur de l'équipe de MSF à Sido où l'ONG a un centre de santé. Il appelle les agences de l'ONU, le Programme alimentaire mondiale (PAM) et le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés à leur apporter une assistance immédiate car les cas de malnutrition se multiplient.

« Pour la journée de lundi, nous avons reçu 11 enfants atteints de malnutrition sévère, indique ce dernier. Et cela n’arrête pas d’augmenter dans notre structure. Il n’y a eu qu’une seule distribution alimentaire, faite le 21 janvier par le PAM. Et depuis, plus de 8 000 personnes sont arrivées et n’ont eu aucune distribution. Nous demandons aux Nations unies d’en organiser une rapidement. »

Eloigner des frontières

Autre pays accueillant un flot ininterrompu de réfugiés centrafricains : le Cameroun. Ce voisin en accueille actuellement plus de 107 000. Ils sont majoritairement Tchadiens, mais aussi Centrafricains, Camerounais ou Maliens.

Par familles entières, ils cherchent depuis des semaines à fuir l'horreur et les massacres perpétrés par les groupes armés. Leur accueil au Cameroun n'est pas simple. Mbaiorem Djerassem est le porte-parole du HCR en Centrafrique. Il suit de près la situation de ces réfugiés. « Les gens affluent de toutes parts de la frontière, une frontière de 5 000 km avec la Centrafrique, explique-t-il. Ces populations vivent dans une situation sans pareil. Les gens qui arrivent sont profondément meurtris. […] Les communautés d’accueil essayent de leur venir en aide, mais elles sont débordées donc beaucoup vivent à la belle étoile alors qu’il fait extrêmement froid en ce moment. »

Pour Mbaiorem Djerassem, l'urgence est d'éloigner ces populations de la frontière trop insécurisée. « On ne peut pas les assister à la frontière donc on les éloigne. Ceux qui sont arrivés dans les sites de Lolo et Mborguene ont commencé à recevoir de l’assistance. Et nous sommes en train de travailler à l’ouverture de deux autres sites, dans la région de la Damawa. » Le tout étant de tenir les nouveaux arrivants à distance des tensions centrafricaines.

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