Explosion de Mpila: deux ans après, les familles réclament la vérité

Des maisons détruites par l'incendie qui a suivi l'explosion d'un dépôt d'armes à Mpila, le 4 mars 2012.
© AFP/Guy-Gervais Kitina

Ce mardi 4 mars est un jour de deuil au Congo-Brazzaville qui commémore les deux ans de l’explosion du dépôt de munitions de Mpila. Un triste anniversaire qui ravive toujours les rancœurs. Malgré le temps qui passe, nombreux sont encore les Congolais qui demandent des comptes aux autorités.

Certains parents des victimes de Mpila ne sont toujours pas indemnisés et nombre de personnes qui ont perdu leur maison dans la tragédie n'ont pas retrouvé un toit. Le gouvernement assure quant à lui que 20 651 familles ont perçu l'allocation d'urgence de trois millions de francs CFA et qu'il en a relogé près de 400.

Effort poursuivi

Un effort qui va se poursuivre, assure Gilbert Ondongo le ministre des Finances, également président de la commission d'évaluation et de la reconstruction du 4 Mars : « Est-ce que toutes les familles ont retrouvé leur domicile ? On ne peut pas dire que c’est le cas pour tout le monde. Près de 400 familles ont été logées dans des maisons construites par l’Etat, certaines sont reparties à leur ancienne adresse et l’Etat a distribué près de 2 000 tentes et d’autres sont encore dans de la famille ou chez des amis ».

Mais ce que réclament surtout les associations de victimes, c'est la vérité. Une vérité qu'elles affirment que le pouvoir leur cache en dépit du rapport rendu par la commission d'enquête installée au lendemain du drame. Un procès s'est bien sûr déroulé, ouvert au public. Il a rendu son verdict et plusieurs militaires ont été condamnés à des peines allant de 15 ans de travaux forcés à deux ans d’emprisonnement.

A (RE)LIRE : Congo-Brazzaville: fin du procès des explosions de Mpila

Mais le procès n'a pas convaincu grand monde et les organisations de défense des droits de l'homme réclament toujours une commission d'enquête internationale, comme l’explique Trésor Nzila, le directeur de l'OCDH, l'observatoire congolais des droits de l'homme : « Les familles des victimes attendent que le gouvernement exécute leurs promesses et la vérité sur ce dossier qui n’est toujours pas connue. Le gouvernement congolais a refusé de mettre ne place une commission d’enquête internationale et jusqu’à présent nous ne savons pas ce qu’il s’est passé. Deux ans après, nous demandons aux autorités de faire la lumière sur cette affaire parce que le procès n’a convaincu personne, c’était une parodie. Monsieur Marcel Ntsourou a été condamné, mais la justice n’a pas été en mesure de prouver que c’était un drame occasionné par lui ».

Seul satisfecit, les autorités semblent avoir tiré les leçons du drame. Elles ont retiré des zones d'habitation les munitions et armes de guerre et travaillent à une structure pour faire face aux grandes catastrophes.

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