Procès de Pascal Simbikangwa : le témoignage d'un Tutsi fragilise sa défense

Vue générale de la salle d'audience au procès de Pascal Simbikangwa, le 4 février 2014.
© REUTERS/Charles Platiau

Le procès de l'ex-capitaine rwandais Pascal Simbikangwa se poursuit devant la cour d'assises de Paris. Ce mardi 4 mars, un deuxième Tutsi « sauvé » par l'accusé a témoigné à la barre. Ce qu'il a raconté fragilise la défense, contredit le niveau de responsabilité de Pascal Simbikangwa lors du génocide de 1994.

Des trois frères Gahamanyi, Pascal est le seul à ne pas avoir été rapidement exfiltré de Kigali. Une raison à cela : son physique. Grand, mince, le nez droit, il faisait trop Tutsi. Difficile pour lui de franchir au premier jour du génocide les barrières.

Pascal, 18 ans à cette époque, a donc passé trois mois caché dans la maison de l'accusé. « Trois mois d'enfer, confit-il à la barre. Les deux gardes du corps de Pascal Simbikangwa menaçaient constamment de me tuer. Ils disaient qu'ils ne me rateraient pas ».

Selon le récit du témoin, les gardes du corps sortaient régulièrement dans la rue tuer du Tutsi. Il raconte aussi qu'il a vu de nombreuses armes transitées par la propriété de Pascal Simbikangwa : des fusils d'assaut F4, des munitions et des chargeurs. 

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Pascal Gahamanyi brosse un portrait sévère de l'accusé : un homme autoritaire qui s'habillait en treillis militaire, que l'on respectait, et qui franchissait facilement les barrières. « Il sortait tous les jours comme pour aller au travail. »

« Pourquoi vous a-t-il sauvé la vie ? », demande alors le président. « Je ne sais pas. Peut-être pour sauver un petit voisin dont le père était fonctionnaire au ministère de l'Intérieur. Il aurait pu faire mieux », conclut Pascal sans jamais porter un regard en direction de l'accusé.

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