Soudan: des milliers de personnes fuient les violences au Darfour

Un médecin de la Croix Rouge examine un enfant dans le camp de réfugiés de Nyala, dans le sud du Darfour.
© (Photo : Mustafa Ozer/AFP)

Au Soudan, 40 000 personnes ont fui ces derniers jours les exactions commises par des bandes armées dans le sud du Darfour, près de la capitale régionale, Nyala. Les réfugiés sont accueillis dans les camps de Kalma et al-Salam mais aussi dans le village de Saniya Deleiba près de Nyala.

Au Darfour, entre vingt et trente villages ont subi ces derniers jours des attaques de la part de bandes armées. Plusieurs ont même été détruits par le feu, la plupart ont été pillés. La mission conjointe UA/ONU au Darfour, la Minuad tire la sonnette d'alarme et se plaint surtout d'avoir été empêchée par les autorités locales de se rendre sur place pour documenter ces exactions. Ce sont les plus graves commises dans le Darfour du Sud depuis des mois.

Défaut de maîtrise par Khartoum

Selon l'Agence France presse, citant des sources locales, c'est un groupe armé, une milice arabe baptisée Rapid Support Forces qui serait responsable des violences de ces derniers jours. Cette milice a été chassée le mois dernier du Nord-Kordofan, la région voisine, en raison de l'anarchie et de la violence qu'elle y provoquait. Depuis quelques mois, le gouvernement central de Khartoum ne parvient plus à maîtriser les milices arabes qu'elle entretenait financièrement et qu'elle armait parfois.

Recrudescence des violences

Depuis la crise économique qui a suivi la partition du Soudan, Khartoum n'a plus les moyens de rétribuer ses milices qui pour certaines se paient désormais sur la bête. Cette situation a provoqué une recrudescence des violences au Darfour, où les groupes armés, en dépit des pourparlers de Doha, n'ont toujours pas mis un terme à leurs activités.