Jazz , blues, peinture, sculpture: Jimmy Hope, un artiste complet au Masa

Jimmy Hope, un artiste inclassable.
© Pierre René-Worms/RFI

Dans le bureau du conseiller artistique du Masa, un artiste togolais programmé pour le plateau jazz à Grand-Bassam, chapeau vissé sur la tête, vient pour signer son contrat. C'est Jimmy Hope, vieux routier du Masa et des scènes africaines. Harmonica autour du cou, il sort sa guitare de son étui et interprète devant le bureau du conseiller médusé un Knockin’ on Heavens’s Door, repris en cœur par le programmateur du plateau jazz. C'est ainsi que Zié Coulibaly sut qui était Jimmy Hope et que le contrat finalement fut signé.

« Je suis beaucoup dans la peinture, la sculpture. J’ai fait le Palais de justice au Gabon en tant que sculpteur et quand je peins, je prends la guitare pour m'inspirer. » Aujourd'hui Jimmy Hope qui a fait le tour du monde en tant que musicien n'a plus rien à prouver. Mais il vient ici par fidélité au Masa qui lui a permis d'avoir au fil des ans des contrats tout autour de la planète.

Luc Mayitoukou, le patron de Zhu Culture et un des agents d'artistes les plus influents du continent saisi la balle au bond et lui propose des projets de spectacles à Dakar en solo, accompagné d'un contrebassiste. « J'ai de grands hôtels qui sont prêts à payer de beaux cachets pour un artiste de renom comme lui » dit-il spontanément en l’entendant dans le bureau voisin.

« J'ai envie de prendre mon pied ici à Abidjan »

C'est tout l'intérêt du Masa que de mettre ainsi en relation diffuseurs et artistes, permettant de lier d'une manière informelle des connexions qui sans cela ne se feraient pas. « J'ai envie de jouer un truc bien, prendre mon pied ici à Abidjan », dit Jimmy Hope qui vient de sortir de l'avion.

« J'ai joué à Paris sur des péniches, dans des hôtels particuliers ou des grandes salles comme La Cigale, mais je suis vraiment heureux d'être ici. Moi je joue du blues et quand ça te marque, c'est pour la vie. C'est essentiel d'avoir le feeling et moi je l'ai à fleur de peau, je suis efficace tout de suite. Le blues c'est comme le cacao qui part de l'Afrique. Il est parti pour l'Europe par les routes des esclaves et c’est ainsi qu’il est devenu la fenêtre de l'Afrique dans le monde » dit-il avant d'entamer un Hey Joe pour illustrer son propos.

Jimmy Hope, un musicien inclassable

Un jour rocker, un autre punk, un jour jazzman, un autre bluesman. Même dans le coupé décalé il a son mot à dire. Rencontrant à l'improviste Ami Sarah Bamba, la Lady Ponce du coupé décalé, il lui propose immédiatement une composition à partir de ses paroles. 

« Même si je peux jouer toutes les musiques, si je peux être un jour peintre, un autre sculpteur, il faut savoir ce qu'on doit faire, sinon on perd le Nord » dit-il dans un grand éclat de rire en demandant à Diomandé Maïga, le programmateur du jazz, quand il doit au juste se produire.

Et ce n'est pas évident dans ce Masa où l'improvisation est reine. Vieil ami du conseiller musical du directeur général par intérim, Koné Dodo, il est venu pour jouer sur la scène jazz. On est jeudi midi et les concerts sont programmés de longue date à Bassam dans la soirée.

Mais à cette heure, personne ne sait au juste quand il va jouer. Finalement ce sera pour demain, le public lui n’en est pas informé puisque le spectacle est prévu pour ce soir. C'est ça le Masa au quotidien.

Jimmy Hope au MASA 2014. © Pierre René-Worms/RFI

RFI DOSSIER SPECIAL MASA 2014

 

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