Crise diplomatique entre l'Afrique du Sud et le Rwanda

Le général en exil Kayumba Nyamwasa lors d'une audience au tribunal de Johannesburg, le 10 juillet 2012
© AFP PHOTO / STEPHANE DE SAKUTIN

Le ton monte entre l'Afrique du Sud et le Rwanda. Pretoria a expulsé trois diplomates rwandais, accusés d'espionnage, suite à l'attaque mardi 4 mars du domicile de Kayumba Nyamwasa. C'est ce que RFI a appris de source diplomatique sud-africaine. Opposant rwandais, ancien chef d'état-major, le général Nyamwasa était sous protection de l'Etat sud-africain. Le Rwanda annonce lui aussi avoir expulsé six diplomates sud-africains. Kigali reproche à l'Afrique du Sud d'avoir accueilli sur son sol des dissidents qui auraient mené des attaques terroristes au Rwanda.

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Pretoria confirme avoir expulsé trois diplomates rwandais, qui sont accusés d'espionnage. Cette décision fait suite à l'attaque contre le domicile d'un opposant rwandais, le général Nyamwasa. Jusqu'à présent, la police sud-africaine avait ouvert une enquête pour simple cambriolage. Mais elle n'excluait pas qu'il y ait un lien avec l'assassinat d'un autre opposant rwandais, Patrick Karegeya, l'ancien chef des renseignements retrouvé mort le 1er janvier dernier à Johannesburg.

Le général Nyamwasa avait lui-même été victime d'une tentative d'assassinat, à Johannesburg également, en 2010. L'Etat sud-africain l'avait alors mis sous protection. Mais selon une source diplomatique sud-africaine, Pretoria a eu vent du projet d'attaque contre le domicile de l'opposant rwandais, et l'a donc mis en sécurité, tendant un piège à ses assaillants. L'objectif était de remonter aux commanditaires.

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Jusqu'à présent, l'Afrique du Sud n'a jamais officiellement fait de lien entre ces attaques contre les opposants rwandais en exil sur son sol et une quelconque autorité officielle rwandaise. On savait qu'il y avait des tensions entre les deux pays. L’Afrique du Sud avait rappelé son ambassadeur au Rwanda pour consultation après la tentative d'assassinat contre le général Nyamwasa. Rien de plus.

Là, non seulement Pretoria expulse trois diplomates rwandais pour espionnage, mais un journaliste du New Times, le journal pro-gouvernemental au Rwanda, relate que Kigali a de son côté expulsé six diplomates sud-africains de haut rang, là aussi pour espionnage. « Ils ne font que répliquer », assure cette source diplomatique sud-africaine. Une information confirmée dans la foulée sur Twitter par la ministre rwandaise des Affaires étrangères elle-même, Louise Mushikiwabo. Motif invoqué : l'Afrique du Sud a « accueilli des dissidents responsables d'attaques terroristes au Rwanda ».

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Ce n'est pas la première fois que Kigali accuse les opposants rwandais exilés en Afrique du Sud d'avoir mené ces attaques. Kigali avait jugé par contumace - même demandé l'extradition - de deux d'entre eux, précisément Patrick Karegeya le général Nyamwasa. Après la mort de Patrick Karegeya, la justice militaire rwandaise avait même ouvert un procès dit « procès de la terreur ».

Le but affiché de cette démarche est de prouver aux Rwandais, comme à la communauté internationale, le lien entre d'un côté le Congrès national rwandais (RNC) de MM. Karegeya et Nyamwasa, et de l'autre, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), les rebelles hutus dont certains dirigeants sont accusés par Kigali d'être des génocidaires. Le RNC et les FDLR seraient derrière au moins une attaque à la grenade. Mais les principaux suspects refusant de collaborer avec la cour, ce procès a été renvoyé au mois de mai.