Le Festival Etonnants voyageurs, une première au Maroc


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C’est à Rabat que se déroule jusqu’au 9 mars la toute première édition marocaine du festival Etonnants voyageurs qui voyage partout dans le monde. Fondé à Saint-Malo, dans l'ouest de la France il y a 25 ans, ce festival se décline aujourd'hui sur tous les continents. Après Bamako, Haïti et Brazzaville, cette manifestation essentiellement littéraire, mais aussi cinématographique, vient de s'implanter sur une terre du Maghreb.

Le choix s'est porté rapidement sur le Maroc, car tout le monde s'accorde ici à penser qu'il y a une nouvelle effervescence artistique et un appétit pour la culture, comme l'explique le directeur adjoint de l'institut français à Rabat, Paul de Sinety : « Il suffit de se promener dans les rues de Casablanca, de Rabat ou de grandes villes du Maroc pour constater la formidable ébullition et effervescence créative dans le domaine culturel, et je pense plus spécifiquement aux jeunes générations de la société marocaine. Donc tout naturellement, ce désir d’Etonnants voyageurs de s’ancrer à Rabat et à Salé a trouvé immédiatement des partenaires, des jeunes auteurs, des jeunes artistes qui ont répondu présents pour réaliser ensemble cette très belle opération. »

Un cœur très important d'écrivains arabophones et francophones

Ce sont plus de cent auteurs de nombreux pays qui ont répondu présents à l'invitation : de Tahar Ben Jelloun à Jean-Marie Gustave Le Clézio en passant par Patrick Chamoiseau et puis un cœur très important d'écrivains arabophones et francophones. Ces derniers trouvent ici un lieu fédérateur de rencontres entre les uns et les autres et qui permet enfin à tous de se retrouver, ce qui n'existait pas vraiment avant dans cette région, souligne le romancier marocain Abdelhak Serhane : « La nouveauté pour moi dans cette rencontre, c’est que cela se passe au Maroc et que je peux croiser et rencontrer d’autres écrivains d’horizons divers. C’est important, parce que tout ce qui touche à la francophonie, il faut aller à Paris ou en France pour rencontrer nos amis africains. Donc là c’est une nouveauté. »

Au programme : des débats, des lectures, des ateliers d'écriture, du conte, de la poésie, du slam, mais la littérature ne fait pas que salon. Elle va aussi à la rencontre des jeunes. C'est l'un des points forts de ce festival. Tous les matins, pendant quatre jours, les écrivains se rendent dans des classes de collège et lycée et échangent pendant plusieurs heures avec les professeurs et les étudiants. Une expérience toujours très forte pour les adultes comme pour les jeunes, car ce sont des découvertes réciproques.

Des questions d’adultes, posées par des enfants

« C’est formidable. J’ai toujours été agréablement surpris, rappelle l'écrivain Boualem Sansal qui est un fervent partisan de l'exercice. Les professeurs préparent très bien leurs élèves. Ils leur parlent de l’auteur, de ses livres. Ils font cela très honnêtement, sans discours tendancieux. Les lycéens lisent quelques pages choisies. Et puis j’arrive, je fais mon petit discours, et ils posent des questions très intelligentes. Ce sont finalement des questions d’adultes, posées par des enfants. Ils posent leur question de la démocratie, de l’égalité hommes-femmes, la place de la religion, etc. Je suis toujours très content. »

Reste à ajouter qu'ici à Rabat et à Salé où le festival se déploie sur une vingtaine de lieux, de la bibliothèque aux universités en passant par l'institut français, les rencontres sont évidemment gratuites et ouvertes au grand public. En plus de la littérature, il y a aussi des rendez-vous cinéma, des pièces de théâtre, des concerts et le festival s'achèvera dimanche soir avec un grand spectacle de cirque.

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→ Etonnants voyageurs, Festival international du livre et du film, du 6 au 9 mars 2014.