Burundi: l'ONU appelle à la retenue et au dialogue

Après plusieurs heures de face à face ce samedi 8 mars, la police burundaise a finalement arrêté plusieurs opposants du MSD.
© RFI / Esdras Ndikumana

Au Burundi, la communauté internationale ne cache pas sa profonde inquiétude, après les violents affrontements qui ont opposé durant toute la journée de samedi la police aux militants du parti d’opposition MSD, et surtout un assaut à la kalachnikov du siège de ce parti, officiellement pour libérer deux policiers pris en otage par ces militants. De nombreux diplomates parlent d’escalade de la violence et de radicalisation au Burundi, des termes repris également par la société civile burundaise.  

C’est finalement le Bureau des Nations unies au Burundi qui a dégainé le premier, dans un communiqué rendu public samedi soir. Le Benub renvoie dos à dos pouvoir et opposition, dans des termes plutôt diplomatiques. Il estime que les affrontements de samedi sont la conséquence d’une radicalisation des positions qui entretiennent une logique de confrontation.

Pacifique Nininahazwe, l’une des figures de la société civile burundaise ne fait pas lui dans la dentelle. Il juge que le parti MSD d’Alexis Sinduhije s’est livré à une provocation en organisant sa manifestation clandestinement. Il aurait donné aux autorités un prétexte tout trouvé pour justifier la répression. Quant au gouvernement burundais, l’activiste dénonce un usage excessif de la force.

Samedi, plus de 100 policiers ont attaqué à l’arme de guerre le siège du parti MSD où étaient retranchés quelque 200 militants qui répliquaient essentiellement à coups de pierre, même si la police burundaise les accuse d’avoir tiré les premiers.

A moins d’une année des prochaines élections générales au Burundi, le Bnub appelle aujourd’hui pouvoir et opposition à la retenue et au dialogue politique. Mais personne ne se fait guère d’illusions sur la réponse réservée à cet appel.