Ouganda: des pressions pour faire invalider la loi anti-homosexualité

Des défenseurs des droits des homosexuels apportent une pétition contre la nouvelle loi, à Kampala le 11 mars 2014.
© REUTERS/Edward Echwalu

La loi anti-homosexualité est vivement attaquée en Ouganda : des défenseurs des droits de l’homme ont réclamé, mardi 11 mars, l’annulation de la loi devant la cour constitutionnelle à Kampala. Une loi signée par le président Yoweri Museveni en février 2014 et qui durcit la répression contre les homosexuels.

Cinquante organisations ougandaises et des parlementaires ont déposé une requête exigeant le retrait de la loi qui, entre autres, interdit toute promotion de l’homosexualité et rend la dénonciation d’homosexuels affichés ou présumés obligatoire, alors que l’homosexualité était déjà passible de la prison à perpétuité en Ouganda.

Le parlementaire Fox Odoi, ancien conseiller juridique du président Yoweri Museveni, était l’un des premiers signataires de la requête. Pour lui, cette loi viole la Constitution ougandaise : « La Constitution de l’Ouganda interdit toute discrimination contre tous les citoyens quelle que soit leur croyance et leur orientation sexuelle. Je pense que la loi anti-homosexualité est discriminatoire, donc elle n’est pas conforme à la Constitution de la République de l’Ouganda. »

« Société intolérante »

« J’ai toujours su qu’il y aurait un prix à payer, parce que je vais être haï par beaucoup de gens, poursuit le parlementaire. Mais ce qui m’inquiète, c’est de vivre dans une société qui est intolérante envers les minorités, qui ne reconnaît pas que nous pouvons avoir différentes orientations sexuelles. »

Mais ceux - nombreux - qui défendent la loi anti-homosexualité ont des contre-arguments, comme le Premier ministre Amama Mbabazi qui accepte que « la Constitution protège les droits des minorités, mais il s’agit des minorités qui agissent en conformité avec la loi ». Une loi qui encourage la chasse aux homosexuels. Les défenseurs des droits de l’homme signalent plusieurs cas de violence et représailles contre des homosexuels affichés ou présumés. Ils demandent que la Cour constitutionnelle interdise aux médias de publier les identités d’homosexuels.


■ ZOOM : le gel de l’aide de la Banque mondiale dénoncé

Alors que le numéro deux du groupe de la Banque mondiale, Bertrand Badré, est à Dakar jusqu’à vendredi dans le cadre du partenariat entre le Sénégal et le groupe, des voix s’élèvent au Sénégal pour dénoncer la décision de la Banque mondiale de geler un programme de 66 millions d'euros destiné au système de santé ougandais au motif que ce pays a durci ses lois contre l'homosexualité. Ainsi, Magaye Gaye, directeur général d’un cabinet de recherche de financements pour les PME basé à Dakar, lance une pétition sur internet pour dénoncer les mesures de sanctions contre l’Ouganda.

Ce qui me choque, c’est que la Banque mondiale semble défendre une minorité homosexuelle par rapport à une majorité de femmes et d’enfants qui auraient pu bénéficier de ce programme de santé.
Magaye GAYE
13-03-2014 - Par Carine Frenk

 

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