Madagascar: des crédits carbone pour préserver la forêt de Makira

Les contrats signés entre l'Etat malgache, Microsoft et le zoo de Zurich avoisinent les 400 000 dollars.
© REUTERS/Dado Ruvic

C’est une première en Afrique : la vente de crédits carbone par un gouvernement. L’Etat malgache a conclu un contrat avec Microsoft et le zoo de Zürich. Ce système permet aux entreprises de compenser leurs émissions de gaz à effet de serre en achetant des « crédits », concrètement en finançant un projet qui permet de lutter contre les émissions de CO2. En l’occurrence, il s’agit de la lutte contre la déforestation dans l’aire protégée de Makira, une forêt humide du nord-est de la Grande île.

Le projet a été élaboré par le gouvernement et par l’ONG Wildlife Conservation Society qui travaille dans la forêt de Makira depuis 10 ans. Sa directrice à Madagascar, Alison Clausen, revient sur le système de compensation des émissions de CO2 par cette vente de crédits : « Microsoft et le zoo de Zürich font une contribution financière, ils achètent, alors il y a un revenu généré et ça compense les autres émissions de carbone, parce que [tous deux] donnent un revenu financier qui est utilisé pour continuer de protéger la forêt. »

Les deux contrats s’élèvent au total à 400 000 dollars environ, dont la moitié reviendra aux habitants pour la mise en œuvre de différents projets de développement.

Difficile mise en oeuvre

« Il y a ceux qui veulent les projets d’intensification agricole, pour améliorer la méthode de production, poursuit Alison Clausen, il y en a d’autres qui se penchent plus sur l’écotourisme. On a deux associations de femmes qui viennent de se lancer dans le raphia. Il y en a d’autres qui se penchent plus sur la vanille ou la pisciculture. C’est assez divers. »

La mise en oeuvre d’un projet carbone est longue et coûte cher en expertise. Il faudra trouver d’autres acheteurs pour que le projet soit viable. Le stock de carbone de la forêt de Makira est évalué à 710 000 tonnes de crédits carbone. L’Etat en a vendu un peu moins de 10%.