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RCA

Des responsables religieux centrafricains témoignent à l'ONU

L'archevêque de Bangui Dieudonné Nzapalainga et l'imam Omar Kobine Layama, lors d'une interview dans les studios de RFI, le 23 janvier 2014.
© RFI/Sébastien Bonijol

Trois dignitaires religieux centrafricains, deux chrétiens et un musulman, sont venus à l’ONU pour demander une décision rapide sur le déploiement de casques bleus en République centrafricaine alors que le vote du Conseil de sécurité se fait toujours attendre. Sur le terrain, en Centrafrique, la situation est toujours aussi critique.

Avec notre correspondant à New York, Karim Lebhour

Depuis des mois, le Conseil de sécurité entend les rapports les plus alarmistes sur les tueries en Centrafrique. Cette fois, le Conseil a entendu le témoignage direct de Centrafricains. Accompagné de l’archevêque de Bangui Dieudonné Nzapalainga, le révérend Guérékoyame Gbangou déplore l’exode des musulmans et demande à l’ONU d’envoyer des casques bleus. « Nous espérons et nous croyons que nous avons été écoutés. Que nos paroles ont touché. Au regard de tous les rapports qu’on leur faisait, cette fois-ci, les membres du Conseil de sécurité ont perçu la réalité du problème centrafricain. »

L’imam Kobine, le président de la communauté islamique en Centrafrique rappelle qu’à Bangui, seules 8 des 36 mosquées sont encore debout. 80% des musulmans ont fui le pays. À l’ambassadeur chinois qui parle de soutien à la Misca, la force africaine. Il répond : la Misca ne suffit pas. « Nous sommes optimistes, confie-t-il, dans le sens que ceux qui sont réticents ne pourront pas rester indifférents à la souffrance d’un peuple meurtri, comme le peuple centrafricain.»

La résolution pour l’envoi de casques bleus en RCA est toujours en discussion. Preuve que les réticences s’affaiblissent, l’ambassadrice américaine Samantha Power a twitté pendant la réunion : « une mission de maintien de la paix doit être déployée le plus rapidement possible en Centrafrique. »


Sur le terrain, les musulmans sont toujours menacés

Pendant ce temps, en Centrafrique, les appels au secours se sont multipliés ces derniers jours, après l’exode massif des musulmans vers les pays voisins. Des appels provenant de ceux qui sont restés chez eux, dans l'Ouest ou à Bangui, et qui se sentent toujours menacés par les milices anti-balaka. Ces musulmans demandent à être protégés ou au moins aidés. Les agences humanitaires évaluent à plus de 20 000 les populations qui sont sur des sites à haut risque. Elles ont identifié 18 sites. Josep Zapater, du Haut commissariat aux réfugiés (HCR), revient sur les cas les plus critiques.

Il y a un risque permanent d'attaque des anti-balaka (...) Nous essayons de privilégier des actions de médiation, de cohésion sociale, d'assistance humanitaire. C'est vrai qu'il y a beaucoup de communautés qui demandent à être relocalisées, mais la relocalisation d'une population est une mesure de dernier recours.

Josep Zapater
15-03-2014 - Par RFI

 

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