L'Afrique du Sud s'explique sur l'expulsion des diplomates rwandais

L'assassinat de Patrick Karegeya, l'ancien chef des services secrets rwandais, sur le territoire sud-africain, a été l'un des déclencheurs de la crise diplomatique entre les deux pays.
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Le ministère des Affaires étrangères sud-africain a réagi ce samedi 15 mars, soit une semaine après l’expulsion de plusieurs diplomates rwandais par l’Afrique du Sud. Jusque-là, la diplomatie sud-africaine s’était faite discrète, se refusant à tout commentaire sur ces expulsions, auxquelles Kigali a répliqué en renvoyant tous les diplomates sud-africains de son territoire, excepté l’ambassadeur.

Avec notre correspondante à Johannesburg, Liza Fabbian

Le ministre de la Justice Jeff Radebe avait été le premier à s’exprimer publiquement sur le sujet jeudi, en affirmant que « l’Afrique du Sud ne (devait) pas servir de tremplin pour des activités illégales ».

Au tour de la diplomatie sud-africaine, donc, de condamner des « éléments criminels » qui « menacent l’intégrité territoriale de l’Afrique du Sud ». Dans un long communiqué publié ce samedi dans la matinée, on apprend d’abord que quatre diplomates rwandais ont été renvoyés dans leur pays soit un de plus que ce qui avait été évoqué jusqu'alors.

Tentatives d’assassinat

Le ministère sud-africain des Affaires étrangères revient ensuite sur les événements qui ont conduit à la récente crise diplomatique entre l’Afrique du Sud et le Rwanda. À savoir deux tentatives d’assassinat dirigées contre le général Kayumba Nyamwassa en 2010 et le 4 mars dernier, ainsi que le meurtre de Patrick Karegeya le 31 décembre.

« Il est clair que ces incidents sont directement liés à des tensions émanant du Rwanda », indique ce texte. Ces événements mettent « en danger notre sécurité nationale et notre intégrité territoriale ».

« Réseaux criminels organisés »

« Le gouvernement sud-africain a établi qu’il existe des réseaux criminels organisés dont les activités cherchent à saper (la) sécurité nationale » affirme encore le document.

Le lien avec les diplomates expulsés est clair : « ces activités ont été coordonnées et facilitées par certains individus qui abusent de leur statut diplomatique. »

« C’est pour cette raison que l’Afrique du Sud a expulsé des diplomates rwandais et un diplomate burundais (…) les investigations ont révélé des liens entre ces diplomates et les activités criminelles évoquées », insiste encore le communiqué.

Il se termine par une mise en garde. « Le gouvernement sud-africain envoie un avertissement ferme » et refuse que son territoire « soit utilisé comme une rampe de lancement pour toute forme d’attaque, ou activité terroriste visant un membre de la communauté internationale ».

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