Rwanda : Paul Kagame met de nouveau en garde les dissidents en exil

Le président rwandais Paul Kagame met une nouvelle fois en garde les dissidents en exil..
© REUTERS/Ruben Sprich

En pleine crise diplomatique avec l’Afrique du Sud, le président rwandais Paul Kagame a une nouvelle fois mis en garde les dissidents en exil. A la suite de l’attaque par des hommes armés, la semaine dernière, de la résidence de l’ancien chef d’état-major rwandais, le général Kayumba Nyamwasa, réfugié à Johannesburg, l’Afrique du Sud a expulsé trois diplomates rwandais. Par la suite, Pretoria avait assuré détenir des preuves de l'implication des diplomates expulsés d’Afrique du Sud dans les attaques récentes contre des opposants rwandais.

Le président rwandais enfonce le clou. A l’occasion d’une cérémonie en l’honneur des cadets de la police, Paul Kagame a une nouvelle fois mis en garde les dissidents en exil.

Il a évoqué les attaques à la grenade dont le Rwanda est régulièrement victime depuis 2010. Des actes qui, selon le président, trouvent leur origine à « l’extérieur du pays » et que les responsables ont peut-être la volonté de réitérer. « J’insiste sur cela, car certains de ceux avec lesquels nous sommes supposés travailler, peuvent, à un moment donné, collaborer avec ceux qui provoquent de l’insécurité dans d’autres pays », a-t-il dit sans plus de précision.

La semaine dernière, Louise Mushikiwabo, la ministre des Affaires étrangères rwandaise avait accusé l’Afrique du Sud de ne rien faire contre les « fugitifs rwandais » qui mènent des attaques terroristes au Rwanda.

Pendant ce discours, Paul Kagame a par ailleurs répété que « quiconque compromet la sécurité des Rwandais en paiera le prix ». Des propos similaires à ceux tenus à la suite du meurtre, le 31 décembre à Johannesburg, de l’ancien chef des renseignements rwandais, devenu opposant. Une affaire dans laquelle Kigali avait démenti toute implication.

« Je ne suis ni un journaliste, ni un responsable d'ONG. Je suis en charge du bien-être et la sécurité des Rwandais. Je ne suis pas un musicien qui divertit ceux qui causent l’insécurité », a poursuivi le président rwandais. Et si je suis mal interprété, cela m’importe peu ».