Afrique du Sud: les heurs et malheurs du président Jacob Zuma

Le président sud-africain Jacob Zuma à la tribune du grand stade de Soweto, lors de l’hommage à Nelson Mandela, le 10 décembre 2013.
© EUTERS/SABC via Reuters TV

En Afrique du Sud, le scandale autour des travaux de sécurité de la résidence privée du président Jacob Zuma aura-t-il des conséquences politiques ? Oui, répondent en choeur les observateurs de la vie politique sud-africaine. Les élections générales sont prévues le 7 mai prochain.  

Cette semaine le président sud-africain Jacob Zuma a été accusé d'avoir profité de travaux pour améliorer la sécurité de sa résidence pour se faire offrir des aménagements personnels. Au total plus de 16 millions d’euros de travaux ont été effectués avec de l’argent public. Et le président est accusé d'avoir violé le code d'éthique qui l’engage à ne pas gaspiller l’argent de l’Etat. C'est un coup dur pour le président et pour son parti, l’ANC à sept semaines des élections législatives.

Les Sud-Africains vont-ils sanctionner l’ANC pour les dérives de leur président et de son gouvernement ? L’ANC est majoritaire au Parlement, mais une majorité qui ne cesse de s’effriter depuis son arrivée au pouvoir il y a 20 ans.

Déchirements

Ces derniers mois, l’ANC a été très malmené, après plusieurs scandales de corruption, de mauvaise gouvernance et de népotisme. Pour la plupart des analystes politiques, il y aura un vote-sanction lors des élections, même s’il est difficile d’en évaluer l’ampleur.

Pour Steven Friedman, analyste politique, les mauvais résultats aux élections municipales à Nkandla, où se trouve la résidence du président, en sont la preuve. « Ce problème d’abus d’argent n’intéresse pas uniquement l’élite ou la classe moyenne. La preuve est que peu de temps après que le scandale n’éclate, l’ANC a perdu les élections municipales à Nkandla. Je pense que de nombreux sympathisants de l’ANC vont être déchirés entre voter pour un autre parti ou avaler la couleuvre et voter à nouveau pour l’ANC ».

Autre conséquence politique de ce scandale :  les déchirements au sein de l’ANC.
Selon plusieurs analystes, après l’unité affiché pour les élections, les rivalités vont reprendre entre les différentes factions au sein de l’ANC. Et certains poids lourds, ambitieux, pourraient alors décider de lâcher Jacob Zuma. 

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