RDC: l'hôpital du Cinquantenaire enfin inauguré

A Kinshasa, l'hôpital du Cinquantenaire a été inauguré 60 ans après la pose de la première pierre....
© (Ministère congolais des Affaires étrangères)

A Kinshasa en RDC, l'hôpital du Cinquantenaire a été inauguré en grande pompe ce samedi 22 mars par le président Joseph Kabila. Cet hôpital, ultramoderne, se veut à vocation régionale ; mais sera-t-il accessible à tous ?

C'est soixante ans après la pose de la première pierre que le président de RDC Joseph Kabila a inauguré l'hôpital du Cinquantenaire, en présence notamment de ministres, des présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat mais aussi d'ambassadeurs étrangers. L'hôpital a été construit par la société chinoise Sinohydro et sera géré par le groupe indien Padiyath Healthcare ; il aurait coûté, selon le ministre de la Santé, quelque 100 millions de dollars.

L'histoire de cet hôpital est mouvementée : en 1954, c'est l'année de la pose de la première pierre. Le Congo est encore sous colonisation belge. Mais, déjà, à l'époque, le chantier s'enlise. Les travaux sont officiellement interrompus à l'indépendance en 1960. Le président Mobutu reprend à son tour le chantier et, après l'inauguration du Palais du peuple, à la fin des années 70, il envisage d'en faire l'Hôtel du parti pour pouvoir loger les différentes délégations du MPR.

Troisième « première pierre »

Mais, là encore, les travaux sont interrompus. Ce n'est qu'en 2009 que le président Joseph Kabila décide de lui redonner son affectation initiale : ce sera bel et bien un hôpital. Du coup, l'on assiste à une troisième pose de la « première pierre » grâce en grande partie cette fois à des fonds chinois. Cet hôpital du Centenaire, c'est l'un des investissements promis par Pékin en échange de contrats miniers.

Deux ans plus tard, en 2011, on annonce l'ouverture imminente de cette structure, et puis, rien... Les murs sont, cette fois, bien achevés, mais il faut encore équiper l'hôpital et surtout trouver une entreprise pour gérer l'hôpital. C'est finalement le groupe indien Padiyath Healthcare qui en assurera la gestion.

Consultation à vingt dollars

Le ministre de la Santé de RDC promet une consultation à 20 dollars pour le patient congolais, 25 dollars pour le plus grand spécialiste. Un prix qui, selon des observateurs de la société civile, serait néanmoins hors de portée de la très grande majorité des Congolais. Un tiers de la population vit avec à peine un peu plus d'un dollar par jour.