La RCA toujours en crise un an après le renversement de François Bozizé

François Bozizé, le président déchu de la République centrafricaine.
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Il y a un an, jour pour jour, le président François Bozizé était renversé par une coalition rebelle dirigée par Michel Djotodia. S'ouvrait alors une période de transition de dix mois, avant la démission de Djotodia, au cours de laquelle le pays à sombré dans la violence et l'anarchie. Les événements de ce week-end l'ont à nouveau montré, des violences ont à nouveau eu lieu dans Bangui.

Au moins quatre personnes ont été tuées dans les accrochages de ce week-end. Une source au sein de la Misca décrit des combats entre des miliciens anti-balakas et des musulmans retranchés dans le quartier du PK5. Les forces internationales ont tenté de s'interposer, mais elles ont elles-mêmes été prises à partie.

Selon l'Agence France-Presse, la nuit passée a été marquée par de nombreux échanges de tirs dans plusieurs quartiers et ce matin, les forces africaines étaient déployées sur les principales avenues, procédant à des fouilles de véhicules. Cette situation d'insécurité est la conséquence de longs mois de crise, une lente dérive qui a commencé il y a un an, le 24 mars 2013.

Un an de conflit

Lorsque François Bozizé fuit vers le Cameroun le 24 mars 2013, la Centrafrique vient déjà de subir quatre mois de combats entrecoupés de cessez-le-feu. Mais la prise du pouvoir par Michel Djotodia donne le coup d'envoi d'une rapide descente aux enfers pour la République centrafricaine. De mars à juin les exactions se multiplient.

La Seleka, assemblages de rebelles nordistes, de mercenaires tchadiens et soudanais, multiplie les massacres, les viols et les pillages. Michel Djotodia ne parvient pas à imposer sa volonté à la Seleka qui l'a propulsé au pouvoir. L'un de ses collaborateurs se souvient d'un chef que les commandants militaires n'écoutent pas. D'ailleurs, lorsque Michel Djotodia ordonne la dissolution de la Seleka en septembre 2013, cette décision n'est pas suivie d'effets.

Les milices, le point de bascule

En septembre, face à la poursuite des violence, naissent les milices d'autodéfense, les anti-balakas. Elle s'en prennent à la Seleka et aux musulmans. En décembre, l'offensive conjointe des ex-Faca et des anti-balakas, marque une accélération des violences interrreligieuses. L'intervention internationale ne peut empêcher l'épuration.

Dépassé, sans aucune prise sur les événements, Michel Djotodia est poussé vers la sortie par la France et les pays de la région. Selon l'un de ses collaborateurs sa démission est actée dès le 2 janvier. Elle sera mise en scène le 10 à Ndjamena au cours du sommet extraordinaires de la CEAC.

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Le rôle de la France

En Centrafrique, Paris a été rattrapée par l'histoire. Dès le début de l'offensive de la Seleka, la France se montre réticente à soutenir François Bozizé, multipliant les appels au dialogue entre le président et son opposition armée.

En décembre 2012, lorsque François Bozizé réclame l'aide des autorités françaises, Paris détourne la tête. Trois mois auparavant, à Dakar, François Hollande annonçait la fin de la France Afrique. Terminés les clauses secrètes, Paris ne signe plus des accords de défense pour soutenir les régimes en place. François Bozizé est de fait la première victime de la doctrine Hollande.

L'envoi de la mission Sangaris

Pourtant l'année 2013 est une rapide descente aux enfers pour les Centrafricains. Et face au désastre centrafricain qui menace d'embraser toute la région, la France est obligée d'intervenir. Chagement de cap à l'Elysée : en décembre l'opération Sangaris est lancée. Paris veut désarmer les Centrafricains.

La France estime aussi que le changement passe par un départ de Michel Djotodia et de son gouvernement de transition. Avec l'appui des pays de la CEAC Paris pousse Michel Djotodia à démissionner. En périphérie de la crise centrafricaine début 2013, Paris est coeur du problème un an plus tard.

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