RCA: la tension règne toujours à Bangui

Les cercueils de deux musulmans tués dans le quartier de PK5, le 23 mars 2014, Bangui.
© REUTERS/Siegfried Modola

Depuis samedi la tension ne retombe pas dans la capitale centrafricaine. D'abord circonscrites à certains quartiers des IIIe et IVe arrondissements où vivent reclus des musulmans, harcelés par les anti-balakas, les violences se sont étendues à l'ensemble du nord de la ville. Des violences qui auraient fait une quinzaine de morts en trois jours seulement selon la Croix rouge centrafricaine.

Depuis plusieurs jours, le IIIe arrondissement, en particulier le quartier musulman de PK5, vit sous la pression quasi permanente des anti-balakas. Après plusieurs incursions meurtrières, et malgré les patrouilles de Sangaris et de la Misca, PK5 craint maintenant une entrée en force imminente des miliciens.

Plus à l'est, dans le Ve arrondissement ou subsistent aussi des enclaves musulmanes, les tirs ont résonné tout l'après-midi et durant une bonne partie de la soirée de lundi. Des fusillades qui ont cessé quand la force Sangaris a pris position dans le quartier.

Barricades

Dans le IVe arrondissement, bastion anti-balaka, des barricades ont été érigées dans l'après-midi sur les grandes artères en réponse à des tirs des éléments burundais de la Misca, assure un porte-parole anti-balaka. Qui a tiré le premier ? Impossible de le savoir, mais les rafales ont continué des heures durant, en particulier dans les quartiers de Fouh et de Gobongo.

La Misca, accusée de lenteur dans ses réactions, est, en tout cas désormais, aussi une cible. Dimanche soir, deux de ses personnels civils ont été gravement blessés quand leur véhicule est tombé dans une embuscade tendue par des hommes armés « non identifiés » au rond-point de la Réconciliation. Ce même dimanche, deux soldats de la Misca ont été la cible d'une attaque à la grenade alors qu'ils montaient la garde à l'hôpital de l'Amitié. Ils n'ont pas été blessés.