RDC: la colère des habitants du parc menacé des Virunga

Une vue du parc national des Virunga, au Nord-Kivu, dans l’est de la RDC.
© MONUSCO/Sylvain Liechti

A Goma en RDC, alors que s’ouvrait ce lundi une conférence sur l’industrie minière et les ressources naturelles du Congo, sept associations de la société civile ont décidé de battre le pavé. Le motif de leur colère : l’autorisation donnée par l’Etat à une entreprise britannique d’exploiter du pétrole dans le parc naturel des Virunga.

Une fanfare, quelques banderoles : « Non à l’exploitation pétrolière dans le parc des Virunga », peut-on lire sur l’une d’entre elles. Postés sur un rond-point du centre de Goma, ils ne sont qu’une trentaine, mais la détermination est au rendez-vous. « Je ne suis pas d’accord parce que je connais les conséquences de l'extraction du pétrole. Ceux qui cultivent aux alentours du lac, ils ne pourront bientôt plus récolter les produits de leur terre », explique une manifestante.

« Nous ne vivons que de la pêche »

Comme cette femme, originaire d’un village près du lac Albert, sept associations ont voulu profiter d’une conférence sur les ressources naturelles pour exprimer leur refus de voir leur habitat et leurs sources de revenus mis en danger par l’exploitation pétrolière. Parmi eux, Josue Mukura qui représente les pêcheurs de Vitshumbi : « Nous ne vivons que de la pêche. Et quand l’exploitation du pétrole pollue les eaux, il y a diminution des poissons. Et quand il y a diminution des poissons, cela touche directement notre vie sociale ».

186 000 dollars

En face, les autorités ont promis des indemnités : 186 000 dollars pour les 7 000 pêcheurs qui vivent du lac. Mais sous quelle forme ? Beaucoup de zones d’ombres persistent comme le déplore Pascal Muko, l’un des organisateurs de la manifestation : « Nous ne voyons pas de transparence dans l’exploitation du pétrole. Le contrat lui-même n’est pas connu. Les communautés locales ne sont pas consultées ».

A l’ouverture de la conférence, le ministre des Hydrocarbures, Crispin Atama Tabe a répété sa volonté d’autoriser l’exploitation pétrolière dans le parc le plus ancien d’Afrique. L’argument : le Congo a besoin de ressources financières et de se développer.