Bénin: trois mois de grève et une mobilisation qui ne faiblit pas

Scène de rue à Cotonou.
© RobNS/ Wikimedia commons

Plusieurs milliers de manifestants sont descendus dans les rues de Cotonou, mardi 25 mars, à l’appel des syndicats, pour demander la démission du préfet et du commissaire central de la capitale économique. Les deux fonctionnaires sont jugés responsables de la répression de la marche du 27 décembre dernier, organisée par les principales confédérations pour dénoncer un concours de recrutement au ministère des Finances.

Le limogeage du préfet et du commissaire central de Cotonou est l’un des principaux motifs de la grève générale qui dure depuis presque trois mois, avec bon nombre d’administrations et d’écoles fermées du mardi au jeudi.

Des fonctionnaires, beaucoup d’enseignants, des salariés, des parents d’élèves, des étudiants, ont donc marché dans le calme, hier mardi, mais avec beaucoup de détermination. « Le préfet et le commissaire [doivent] démissionner parce que si ces deux personnes ne démissionnent pas, la grève va continuer », hurle un agent de santé dans la foule.

« Encore une année blanche »

Laurent soutient les syndicalistes. Ses enfants n’ont pas école depuis début janvier et il attend un geste du chef de l’Etat : « Nous venons parce que nos enfants subissent une fois encore une année blanche. Ce n’est pas facile. Nous devons aussi faire du bruit pour prouver au président qu’il a des oreilles pour entendre et non pour faire de la politique politicienne. On en a marre, là. »

C’est le premier rassemblement depuis la marche du 27 décembre. « C’est le sentiment de satisfaction et de fierté parce qu’aujourd’hui, tout le peuple a compris et se met ensemble pour exiger la démission de ceux qui ne veulent pas démissionner », se réjouit pour sa part Joseph, un militant venu de Porto-Novo .

Arrivés à la préfecture, les responsables syndicaux ont voulu rencontrer le préfet, Placide Azande, mais c’est un représentant qui est venu. Les manifestants ont promis de revenir s’ils n’obtiennent pas satisfaction.