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Guinée

Guinée, Sékou Touré, la référence 30 ans après

Rencontre entre John F. Kennedy et Sékou Touré en octobre 1959.
© JFK Library

Il y a trente ans, le 26 mars 1984, la mort de Sékou Touré. Celui qui tint tête au général de Gaulle en refusant dès 1958, l'union-partenariat avec la France et devient le premier président de la Guinée indépendante, fut aussi l'artisan d'une répression féroce dans son pays. Il reste pourtant en Guinée une référence en politique. Trente ans après, des clins d’œil à ce passé sont manifestes dans toute la classe politique guinéenne, à commencer par le pouvoir.

L'opposition dénonce une manoeuvre politique

« Le président est en perte de vitesse et il souhaite rattraper les espoirs déçus en évoquant " l’âge d’or " de la vie politique en Guinée », accuse l'opposition qui affirme que Alpha Condé et son régime n'ont plus rien à proposer qui emporte les faveurs des populations.

Il faut dire que le pouvoir multiplie les gestes de réhabilitation du président Sékou Touré au nom de la réconciliation nationale. Mais pour l'association des victimes du camp Boiro, « Réconciliation, oui ! Mais pas en tronquant l'histoire ».

Avis contradictoires sur l'apport de Touré à l'histoire guinéenne

Sidikiba Keïta président de l'association est ferme sur la question : « Tel que l'avait proposé le président de la République, c'est une démarche de réconciliation nationale. Mais, il s'agit d'abord de réduire les fractures qui ont été introduites à des moments précis de notre histoire. Et qui ont comme base fondamentale l'existence du camp Boiro. »

Quant à Mohamed Touré, le fils de son père- président, il appelle à un esprit de discernement pour « savoir retenir du passé ce qui est positif ». « Nous ne pouvons pas continuer à vivre le passé dans sa douleur en occultant volontairement tout ce qu'il y a de plus grand. Le peuple de Guinée est sorti victorieux de toutes les manoeuvres qui ont été faites contre sa souveraineté. » Et pour ces 30 ans, plusieurs cérémonies sont prévues pour revisiter l'histoire du pays.

→ A (RE) LIRE : L’ombre de Sékou Touré

Cellules du Camp Boiro, où des milliers d'opposants politiques ont été emprisonnés sous le régime de Sékou Touré (photo de 1986) © AFP / DANIEL JANIN

 

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