Immigration au Maroc: le cri d’alarme des ONG

Des migrants cherchent à entrer dans l'enclave espagnole de Melilla, le 28 février 2014.
© REUTERS/Jesus Blasco de Avellaneda

Au Maroc, des associations d’aide aux migrants ont lancé un appel aux autorités pour que cessent les refoulements alors que le gouvernement présente ce jeudi deux projets de loi pour leur intégration dans le royaume.

Au Maroc, l'opération de régularisation des sans-papiers se poursuit et parallèlement, dix organisations d'aide aux migrants actives au Maroc, dont l'association catholique Caritas, ont lancé lundi un appel demandant l'arrêt des refoulements de force des migrants arrêtés aux frontières de l'Espagne vers la capitale, Rabat.

Un phénomène récent aux conséquences désastreuses, notamment pour les blessés comme l’explique Moktar. Le jeune homme, âgé de 19 ans, est Guinéen. Il a été arrêté il y a dix jours sur la clôture de Melilla alors qu'il tentait d'entrer en Espagne. « Ils ont arrêté tous ceux qui n’ont pas réussi à passer. Ils nous ont entourés, ils nous ont bastonnés comme des chiens, raconte Moktar au micro de RFI… il y a des blessés, beaucoup, sans ressources et sans espoir d’avoir des papiers.»

L'appel des ONG

Ce sont des témoignages comme celui-ci qui ont motivé les signataires d'un appel qui exhorte les autorités marocaines à cesser les refoulements de force des migrants vers la capitale. « Devant notre centre de Rabat, la semaine dernière, il y avait pratiquement de quatre-vingt à cent personnes tous les matins dont une vingtaine, une trentaine de blessés, explique Vincent Sibout, le directeur de Caritas Maroc. Donc c’est vraiment une crise humanitaire et une crise silencieuse parce que jusqu’à présent, même si on avait alerté à de nombreuses reprises les différents services publics, il n’y avait quasiment pas de réponse. C’est pour cela que ce cri a été lancé collectivement, pour demander à la fois aux autorités marocaines de prendre des mesures de pacification vis-à-vis des migrants, mais aussi aux autorités espagnoles qui font autant de pression de l’autre côté de la frontière. »

Les signataires appellent enfin la communauté internationale à envoyer des observateurs autour des enclaves de Ceuta et Melilla, pour prévenir les violences mais aussi fournir une information indépendante.

à (re)lire : Les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla de plus en plus hermétiques à l'immigration illégale