La Guinée et ses voisins s'organisent face au virus Ebola

Médecins Sans Frontières déchargent des fournitures médicales d'urgence pour faire face à une épidémie d'Ebola à Conakry, en Guinée, le 23 Mars 2014.
© REUTERS/Saliou Samb

La Guinée est frappée par une épidémie de fièvre hémorragique virale. 111 cas dont 70 décès ont été enregistrés depuis janvier. Face au risque de propagation, les pays voisins d'Afrique de l'Ouest s'inquiètent et prennent des mesures.

Jusqu'à la semaine dernière, Conakry avait été épargnée par l'épidémie de fièvre hémorragique virale. La confirmation de huit cas suspects a provoqué la panique dans la capitale guinéenne. Des milliers de personnes sont désormais terrées chez elles. Les mauvaises conditions d’hygiène consécutives au manque d’eau et d’électricité dans la plupart des quartiers font craindre que cette épidémie ne se transforme en crise majeure.

Le gouvernement et ses partenaires ont donc décidé de miser sur la prévention. Une vaste campagne de sensibilisation a été déclenchée. Il n'existe aucun remède ni vaccin contre le virus Ebola qui se transmet par contact direct avec le sang, les liquides biologiques ou les tissus des personnes infectées. 111 cas suspects dont 70 décès ont été enregistrés en Guinée depuis janvier, soit un taux de létalité de 63 %. Mais jusqu'à présent, l'épidémie était restée confinée dans la région sud du pays.

  • Alerte et sensibilisation au Sénégal

Au Sénégal voisin, le ministère de la Santé a mis en alerte l’ensemble des structures sanitaires du pays dès l’annonce de l’existence de cette épidémie. Ce département a très rapidement sensibilisé le public sur les gestes d’hygiène à suivre pour éviter tout risque de contamination. Dans le même temps, les aéroports du Sénégal ont mis en place un système d’alerte. D’après la direction des ADS, une salle d’isolement a été aménagée à la sortie de l’aéroport de Dakar. Depuis mardi, des médecins consultent les passagers provenant de Conakry.

Même vigilance sur le terrain : ce samedi matin, le ministère de l’Intérieur a pris un arrêté pour fermer les frontières des régions de Kolda et de Kedougou, dans le sud du pays.
« Il s’agit d’une mesure de prévention, prise à titre provisoire », précise le gouverneur de Kolda joint par RFI. Tous les marchés hebdomadaires situés près de la frontière ont également été fermés. C’est notamment le cas du marché de Diaobé, qui voit chaque semaine affluer des milliers de commerçants de la Guinée, de la Gambie, et de la Guinée-Bissau.

  • Au Mali, renforcément des contrôles sanitaires aux frontières

Au Mali, bien que les autorités rappellent qu'aucun cas suspect n'a été détecté jusque ici, elles indiquent avoir mis en place un dispositif de protection. Il repose d’abord sur un renforcement des contrôles sanitaires aux frontières, afin de s’assurer qu’aucun porteur du virus ne pénètre sur le territoire malien.

Les autorités indiquent également avoir renforcé la surveillance épidémiologique, c’est-à-dire à une vigilance accrue devant des patients présentant des symptômes similaires à ceux du virus Ebola : fièvre accompagnée de saignement, vomissement ou encore jaunissement de la peau. Le personnel médical ainsi que les responsables communautaires ont été sensibilisés sur les mesures de prévention. Des stocks de médicaments ont été constitués et le matériel permettant de protéger le personnel médical lors de la réalisation des prélèvements et des tests a été mis en place.

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