Côte d’Ivoire: témoignages d'horreurs subies sous Charles Blé Goudé

Charles Blé Goudé, devant la Cour pénale internationale pour la première audience du procès dans lequel il est accusé de crimes contre l'humanité.
© REUTERS/Michael Kooren

En Côte d’Ivoire, le Collectif des victimes - une association née en 2001 - est revenu, ce mardi 1er avril, sur le transfèrement de Charles Blé Goudé vers la Cour pénale internationale le 22 mars. Une évocation de l’ex-leader de la galaxie patriotique au cours d’une conférence de presse à laquelle assistaient plusieurs victimes et parents des victimes.

Des horreurs racontées par des rescapés qui disent avoir été victimes des jeunes patriotes lors de la crise postélectorale. Certains marchent aujourd’hui appuyés sur une ou deux béquilles. Des horreurs rapportées par des parents de ceux qui les ont vécues. Pour tous ceux qui ont témoigné, les auteurs de leurs malheurs exécutaient les ordres de Charles Blé Goudé.

« Mon grand frère, ils l’ont tué. Ce sont les gens de Blé Goudé. Après ça, ils sont revenus. Ils ont pris mon mari, ils l’ont frappé. Aujourd’hui, il est handicapé », accuse Yawa Dong qui dit également avoir échappé de peu au viol.

Entre les séances d’écoute non médiatisées dans les quartiers et les prises de parole publiques, en présence de la presse, notamment à l’occasion des épisodes comme le transfèrement de Charles Blé Goudé vers la CPI, le président du Collectif des victimes en Côte d’Ivoire, Issiaka Diaby, souligne l’importance de les écouter. « Il ne faut pas laisser les victimes abandonnées à leur sort. Ces formes d’échange entre les victimes sont thérapeutiques. Cela leur permet d’évacuer leur rancœur et leur douleur », a-t-il dit.

Pour le Collectif des victimes des crises de la dernière décennie en Côte d’Ivoire, « il y a deux camps : le camp de ceux qui ont commis des crimes et le camp des victimes ». Le premier doit répondre de ses actes devant la justice, estime le collectif.