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Centrafrique: appel à la réconciliation

Quelque 3 000 musulmans dont 150 orphelins vivent dans le quartier PK-12 de Bangui.
© RFI / Richard Riffonneau

Un geste fort dans son symbole : la signature mardi à Bangui d'une lettre d'intention par toutes les composantes de la société centrafricaine, y compris les représentants des belligérants. Les signataires veulent croire qu'un processus de dialogue est amorcé.

A l'occasion de la présence en République centrafricaine de dignitaires religieux américains, toutes les composantes de la société centrafricaine - y compris des représentants des belligérants - se sont réunies mardi, puis ont signé un appel commun à la réconciliation. C’est peut-être le début d'un processus.

C'est un acte de bonne volonté. Une lettre d'intention qui atteste que toutes les parties en présence dans la crise centrafricaine - Seleka, anti-balaka, société civile, religieux et diplomates se sont mis autour d'une même table et se disent prêts à parler. « Un processus de dialogue est amorcé », se plaît-on à croire du côté des signataires, et pas question de le laisser retomber.

« Je pense que tel que cela a été fait devant nous - les religieux - s’il y a un suivi, nous n’allons pas laisser faire comme si c’était une lettre morte parce que nous ne sommes pas des politiciens. Nous allons persévérer et chercherons à les rencontrer de temps à autre pour un suivi de l’esprit de cette lettre d’intention », a déclaré l’imam Oumar Kobine Layama, président de la communauté islamique de la République centrafricaine.

Reste maintenant à définir les modalités pratiques et le cadre de ces discussions. Tout cela, en effet, est encore très flou et peut même sembler décalé par rapport à la réalité du terrain, à savoir 19 000 musulmans pris au piège dans différentes villes du pays qui attendent de pouvoir s'exiler et les affrontements entre Seleka et anti-balaka qui se poursuivent. Pour autant, il faut persévérer, explique Gervais Lakosso , l'un des représentants de la société civile.

« C’est vrai qu’il y a, de part et d’autre, des groupes d’extrémistes, mais aujourd’hui, si la négociation est lancée, si le dialogue est ouvert, ils auront le temps de venir s’exprimer et dire pourquoi ils gardent une position dure. Et à force de dialogue, à force d’échanges entre nous, on connaîtra la vérité et cela apaisera tout le monde », a souligné Gervais Lakosso.

Ce genre de médiation a connu des succès dans certaines villes et parfois permis d'apaiser le climat localement. Les signataires espèrent la même chose à l'échelle du pays.

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