RDC: mort du «patriarche» Justin Marie Bomboko

Le Congolais Justin Marie Bomboko en 1960.
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C'est l'un des grands acteurs de l'histoire tumultueuse du Congo depuis l'indépendance qui s'en est allé. Justin Marie Bomboko est mort, le jeudi 10 avril, à Bruxelles. Longtemps ministre des Affaires étrangères de son pays, sa longue présence dans les instances du pouvoir n'avait cessé d'étonner. A Kinshasa, on l'appelait « le patriarche ».

« Le patriarche » des Anamongo est un homme vénéré par les siens. Justin Marie Bomboko avait été rebaptisé Bomboko Lokumba Is'Elenge à la faveur du retour à « l’authenticité », la révolution culturelle décrétée par le président Mobutu.

C’est presque par effraction qu’il entre en politique au moment de l’indépendance. Il est alors étudiant en Belgique et rentre précipitamment au pays. Il crée l’Union des Mongos en débauchant Patrice Lumumba du Mouvement national congolais (MNC). Et il se fait une place au soleil et devient ministre des Affaires étrangères dans le premier gouvernement du Congo indépendant.

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Près de trois mois plus tard, Bomboko dirige le Collège des commissaires généraux, issu du premier coup d’Etat de Mobutu. Un coup de force qui défenestre le ministre Lumumba en septembre 1960.

Bomboko passe aussi pour l’un des artisans du deuxième coup d’Etat de Mobutu en 1965. Près un court moment de disgrâce, il est réhabilité et il siège dans les instances du parti Etat jusqu’à la fin du régime. A l’arrivée de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) en 1997, il est quelque peu mis à l’écart avant d’être souvent consulté pour des conseils politiques.

C’est donc l’un des grands acteurs de l’histoire tumultueuse de la RDC qui s’en va, malheureusement sans laisser le moindre témoignage.