Nigeria: double attentat dans une gare routière près d’Abuja

La gare routière de Nyanya, à la sortie sud d’Abuja, a été la cible de deux violentes explosions, le 14 avril 2014.
© REUTERS/Afolabi Sotunde

Au Nigeria, deux explosions ont secoué une gare routière près d’Abuja, ce lundi matin 14 avril, alors que de nombreux passagers se trouvaient sur place. Il y aurait au moins 71 morts et plus d’une centaine de blessés, selon un premier bilan donné par la police. Le président nigérian Goodluck Jonathan s'est rapidement rendu sur les lieux.

La double explosion a eu lieu tôt ce matin, vers 6 h 45, heure locale, à la sortie sud d’Abuja, la capitale fédérale du Nigeria. Le double attentat a été perpétré précisément dans l’enceinte de la gare routière de Nyanya où s’effectuent de nombreuses connexions en bus.

Les détonations se sont produites alors que la gare était bondée de travailleurs, causant la mort, selon les services de police, d'au moins 71 personnes. D’après l’Agence nationale de gestion des urgences (Nema), une des explosions serait venue d’un bus. Une trentaine de véhicules ont par ailleurs été détruits, ainsi que des échoppes.

La capitale fermée

Les services de sécurité ont bloqué les accès au centre de la capitale. Le président nigérian Goodluck Jonathan s'est rendu sur les lieux du double attentat en début d'après-midi pour rassurer la population. Il a déclaré que « le Nigeria vaincra Boko Haram », ajoutant qu'il s'agissait d'un « phénomène temporaire ».

Pour l’heure, l’attaque n’a pas été revendiquée, mais les soupçons, comme le laissent voir les propos du chef de l'Etat, se portent sur la secte islamiste Boko Haram. Depuis le début de l’année, les attaques sont quasi quotidiennes. Le groupe a, par le passé, déjà pris pour cible la capitale fédérale, notamment le siège des Nations unies en août 2011. Une attaque qui avait fait 26 morts. Mais ces derniers temps, les assauts des fondamentalistes se déroulent plutôt dans l’extrême nord-est.

Selon l’organisation Amnesty International, plus de 1 500 personnes sont mortes dans les violences au cours des quatre derniers mois.

La première chose que j'ai vue, c'est une main qui avait été arrachée. Ensuite, j'ai vu deux cadavres. J'ai vu des gens en pleurs, un peu partout. Tout était tellement horrible ! Avec mon frère, nous avons transporté l'un des blessés. Le type - un gars qui devait avoir entre 13 et 15 ans - était blessé à la jambe. Nous l'avons transporté jusqu'à l'ambulance. Autour de nous, tout le monde essayait d'apporter assistance. Certains transportaient des blessés qui avaient perdu des membres. Beaucoup de gens pleuraient. Autour de nous, tout n'était que désolation. C'est très difficile pour moi d'en parler.
Fémi Awo Lola
14-04-2014 - Par Claire Arsenault