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Nigeria

Nigeria: seulement 14 lycéennes libres, selon les autorités

Des victimes présumées de la secte Boko Haram sont soignées à l’hôpital de Bama, dans l’Etat de Borno.
© REUTERS/Stringer

Confusion au Nigeria au sujet du sort des 129 lycéennes enlevées par le groupe Boko Haram dans le nord-est du Nigeria. L'annonce de la libération de la majorité d'entre elles, par l'armée, a été démentie, ce jeudi 17 avril, par les autorités de l'Etat de Borno, dans le nord du pays. Selon les autorités de Borno, sur les 129, seules 14 auraient bien retrouvé la liberté.

Le démenti est venu de la directrice du lycée où les 129 étudiantes ont été enlevées lundi. Selon elle, 115 sont toujours retenues par Boko Haram alors que l'armée nigériane affirmait, au contraire, avoir libéré la plupart d'entre elles. « Les déclarations de l'armée sont fausses », a déclaré, à l’AFP, la directrice de l'école secondaire de Chibok.

Les 14 jeunes filles n'auraient pas été libérées par une opération militaire - comme l'avait annoncé l'armée - elles seraient parvenues a s'échapper. C'est en tout cas ce qu'annonce à l'agence Reuters, les autorités de l'Etat de Borno.

Cet enlèvement a suscité des réactions d'indignation de la communauté internationale et de l'ONU d'autant qu'il est survenu le même jour où un attentat s’est produit dans la capitale nigériane faisant 75 morts.

« Que l'armée, censée retrouver et sauver nos enfants, puisse divulguer de tels mensonges, montre bien qu'elle n'a pas l'intention de secourir nos filles », s'est indigné un père d'une fille enlevée, cité par l'AFP.

Boko Haram dont le nom signifie « l'éducation occidentale est illicite » dans un mélange de langue haoussa et arabe, a souvent pris pour cible écoles et universités. Des étudiants ont déjà été massacrés dans leur sommeil, des bombes ont explosé sur des campus d'université mais jamais aucun enlèvement massif de jeunes filles n'avait encore été observé.

Boko Haram, terreur des étudiants

Si la secte - dont le nom signifie en langue Hausa « l’éducation occidentale est péché » - a régulièrement pris pour cible les établissements scolaires depuis 2009, elle a intensifié la cadence de ses attaques ces six derniers mois. Fin février, 43 élèves avaient ainsi été tués lors de l'assaut de leur lycée à Buni Yadi, dans l'Etat de Yobe.

Pour prévenir de nouveaux massacres, les autorités de l’Etat voisin de Borno avaient alors décidé de fermer plus de 85 établissements pour une durée indéterminé obligeant 120 000 lycéens à rester chez eux. La mesure avait suscité la colère des parents d’élèves sans réussir à dissuader les islamistes.

Que faire, alors que plus d’une centaine de lycéennes sont portées disparues depuis lundi soir ? Fermer toutes les écoles... Ou faire assurer leur sécurité par des militaires ? Le sujet divise les autorités. Quant aux étudiants interrogés par RFI, ils se disent terrorisés. De quoi mettre en péril l’éducation dans une région déshéritée ou le taux d'analphabétisme est déjà l’un des plus élevé du pays.

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