Nigeria: Boko Haram revendique l'attentat à la bombe d'Abuja

Abuja, le 14 avril dernier, après l'attentat.
© REUTERS/Afolabi Sotunde

Le groupe islamiste armé Boko Haram a revendiqué l'attentat à la bombe qui a fait au moins 75 morts lundi dernier à Abuja, la capitale du Nigeria. Une revendication faite dans un message vidéo de vingt-huit minutes d'un homme qui se présente comme le chef du groupe, Abubakar Shekau. Un enregistrement remis à l'Agence France-Presse à Kano. Pas un mot en revanche, dans ce message, de l'enlèvement de plusieurs dizaines de lycéennes imputé également à la secte islamiste. Dans cette vidéo, Abubakar Shekau menace Abuja de nouvelles attaques.

C'est assis à même le sol, un fusil mitrailleur AK-47 à l'épaule gauche, tenue militaire et chapeau traditionnel qu'apparaît comme dans les précédentes vidéos celui qui se présente comme le chef de Boko Haram. Abubakar Shekau s'exprime dans un mélange d'arabe et d'haoussa.

L'attaque de lundi dernier, il la présente comme un acte de représailles contre ce qu'il qualifie de « massacres de musulmans » dans le centre du Nigeria et notamment dans l'Etat du Plateau. « Nous sommes dans votre ville, mais vous ne savez pas où », nargue le chef de la secte, promettant d'autres attaques. Il dit également que Goodluck Jonathan n'est pas une menace pour Boko Haram, qu'il préférait s'adresser directement à ce qu'il qualifie des « maîtres » du président nigérian, l'Américain Barack Obama, le Français François Hollande ou encore le Russe Vladimir Poutine. Une communauté internationale qu'il accuse de rester silencieuse face aux massacres de musulmans dans le monde.

Rien en revanche sur l'enlèvement de lycéennes dans le Nord. Quatre-vingt-cinq se trouveraient pourtant toujours, selon les autorités nigérianes, entre les mains de la secte. Un silence qui surprend les médias nigérians qui, depuis le début de la semaine, parlent abondamment de cette affaire. Abubakar Shekau évoque toutefois dans ces vingt-huit minutes les méfaits de l'éducation occidentale qui serait, selon lui, hostile à l'islam. Mais c'est un discours plutôt attendue, puisque Boko Haram signifie littéralement « l'éducation occidentale est un péché » et que la secte s'en est pris régulièrement à des écoles et des universités.